lundi 6 octobre 2014

Le noir, le blanc et la carotte

Au fur et à mesure qu'on vieillit et que notre parcours d'infertile se prolonge, les réactions autour de nous changent. Avez-vous remarqué?

Quand on est au tout début, à peine diagnostiquée, ou peut-être pas encore, on dit aux gens le mot "infertile", et leur réaction est toute blanche, à peine froissée. "T'es encore jeune", qu'ils disent. "T'en auras un autre", qu'ils répètent. "Un jour, ça marchera, tu vas voir", qu'ils savent. 

On dirait qu'à ce moment-là, pour eux, nous ne sommes pas une "vraie" infertile. Nous ne sommes qu'une fille un peu impatiente, qui ne connait rien à rien, qui s'inquiète pour rien, qui est triste pour pas grand chose. Pas assez patiente, pas assez positive. Il y a tout ça dans le blanc. Le déni - maladroit et sûrement pas intentionnel -  mais le déni quand même, de ce qu'on vit. Parce que tsé, il faut être positive, c'est écrit partout. Il y a obligation.

Difficile, dans ce temps-là, de se sentir entendue, supportée. On a l'impression de vivre un drame bien concret, bien présent, et la brique qui vient de nous tomber sur la tête est bien réelle pour nous. Pour moi c'était la sensation d'injustice qui était la plus prenante. Vraiment, toutes les autres? et pas moi? Bref, on vit ça de façon difficile, et pourtant, on se sent perçue par les autres comme une enfant gâtée qui chigne pour rien. Alors au drame s'ajoutent la frustration et la colère. Et le silence, parce qu'on finit par ne plus avoir envie d'en parler. 

Pour ceux et celles qui, comme moi, restent "stallés" un peu trop longtemps dans les dédales de l'infertilité, il se passe quelque chose de bizarre.

Après un moment, le blanc devient noir pour les autres. Et notre nuage noir à nous, lui, pâlit. 

Après quelques années, on nous prend au sérieux. Quand tu te fais demander "Pourquoi t'as pas d'enfants?" dans un cinq à sept, répondre "je suis infertile" avec un diagnostic qui a encore la couche aux fesses, ça invite aux "tu-t'en-fais-trop-pour-rien". Mais répondre "j'essaie depuis bientôt 8 ans et j'ai perdu quatre grossesses en cours de route, je suis infertile", ça en bouche un coin. C'est bête, je me retrouve à être soudainement prise au sérieux. Trop au sérieux. 

La réaction noire de l'interlocuteur, c'est une face qui crie "Oh mon Dieu!! - Pauvre elle! - Quel drame, quelle tristesse, roulons-nous dedans!! - Quel courage, quelle force!!". C'est une face qui des fois sent juste un tout petit peu trop la pitié à mon goût. 

A un certain moment, je me disais que j'aurais bien dû apprécier cette empathie exagérée qui semblait être le lot de l'infertile sénior que je suis devenue. Mais après un long moment durant lequel moi, j'étais dans mes idées noires et où je me sentais carrément incomprise quand on tentait de m'encourager à être positive, voilà que je me sens à la place.. mal comprise. 

Moi, depuis le temps, j'ai changé de place. J'ai ragé, j'ai souffert, j'ai chiâlé à l'injustice, j'ai pleuré en masse. J'ai fait des deuils, plein de deuils. J'ai appris des leçons de vie, je pense que je peux dire ça, maintenant. Je me suis endurcie, je me suis fait des carapaces et je les ai brisées. Et même s'il m'arrive encore, des fois, d'avoir peur, de chiâler, de rager, et d'être triste à cause de mon infertilité et de ma "vie reproductive" qui ne se déroule pas comme prévu, bien... je rage pas mal moins fort qu'avant. Et surtout, autrement, et moins souvent. Si ça se trouve, parfois je me trouve presque chanceuse dans ma malchance. Ben quoi? Tout le monde semble recevoir sa brique sur la tête à un moment ou à un autre. Moi, ma brique, j'ai eu le temps de m'y habituer. Elle m'est presque confortable, elle fait partie de ma vie. J'ai appris à accepter ce qui , il y a quelques années, me semblait inacceptable, et bien que ça ne m'immunise pas contre d'autres éventuelles briques (chose que j'ai apprise aussi...), disons que ça m'a fait une sacrée bonne pratique. Je me sens aujourd'hui plus forte qu'avant. Je suis capable de dire de moi que je suis résiliente. C'est un terme que j'ai gagné et mérité à la sueur de mes ovaires.

Mais toi, toi qui est devant moi, à qui je dévoile mon histoire, mon long parcours d'échecs et de tristesse, toi, ce n'est que maintenant que tu réalises vraiment. Que tu mesures l'ampleur de la chose. Que tu visualises les longs moments que j'ai dû passer à attendre, à espérer, à être déçue. À avoir mal, physiquement et moralement. Que tu me prends vraiment (même un peu trop) au sérieux. Que tu te laisses candidement impressionner par la lourdeur et la durée de mon épreuve. Et des fois, tu me fais une face noire, sérieux, tu devrais te voir. T'as la tête que j'aurais voulu que tu aies quand j'ai reçu mon diagnostic, quand j'ai perdu mon premier bébé, quand j'étais au plus bas, certaine de faire partie d'un tragico-drame de mauvais goût. Mais c'est correct, tu vois. Juste une question de timing: on ne vit juste pas nos prises de conscience en même temps, j'imagine. 

Dans la vie, rien n'est tout noir ou tout blanc. Il n'y a pas deux côtés à une médaille, il y en a des dizaines et des dizaines. La réalité, ce n'est pas "Tu t'en fais pour rien" ou "Quel drame abominable", c'est quelque part entre les deux, et je peux dire aujourd'hui qu'une écoute ou une réponse qui dramatise mon vécu ne vaut pas vraiment mieux qu'une réponse qui le banalise. Les deux, finalement, me font également sentir comme si quelque chose clochait, comme si le son qui arrivait à l'autre bout du fil ne correspondait pas vraiment au son de ma vraie voix. D'une certaine manière, on dirait que tu ne m'entends pas.

***

Et... la carotte, elle? Qu'est-ce qu'elle vient faire là-dedans?

La carotte, c'est la carotte au bout du bâton, celle que nous les infertiles avons dans la tête à tous les jours de notre parcours. La possibilité. Le peut-être. Peut-être que ça marchera un jour. Il y a des chances que oui. Les médecins nous l'ont dit, nous l'ont expliqué en long et en large, et c'est pour ça qu'on est infertiles, et non "stériles". 

La carotte, toi, cher interlocuteur qui ne reçoit mon expérience que par bribes, tu ne la vois pas. Tu ne sais peut-être même pas qu'elle est là. Tu t'imagines peut-être qu'on ne "peut pas" avoir d'enfants, point barre. Mais c'est la carotte au bout du bâton qui fait, qui sculpte, qui cuisine tout ce long processus qu'on vit. Un genre de dépendance à la carotte. Je ne veux pas faire cette analogie de façon péjorative, mais on est un peu comme des dépendants du jeu. Des joueurs compulsifs, mais sans le "compulsifs". On a l'appât du gain, parce que il paraît que ça pourrait marcher, et ça, ce "il paraît", c'est fort, très fort comme incitatif. On n'a pas idée. C'est fort, surtout après un certain temps. Bordel, on n'a sûrement pas tout fait ce chemin pour rien... on va bien finir par le gagner, notre gros lot. Tu vois?

Quand on est infertile, il y a autour de nous des gens qui ne voient que la carotte (les blancs, les "ça-va-marcher-tu-vas-voir"), et ceux qui ne la voient pas du tout (les noirs, les "pauvre-elle-qui-ne-pourra-jamais-donner-la-vie"). Et nous on est quelque part entre les deux. À être parfois bien motivée par ce qui pourrait être, et à s'habituer doucement en même temps à ce qui pourrait aussi ne jamais être. À apprivoiser LE grand mystère, celui dans lequel tout le monde vit, au fond, mais sans y penser beaucoup. À apprendre à se sentir bien, même dans l'incertitude. À espérer sans attendre, à apprendre à s'écouter soi-même (parce que c'est pas dit que t'as envie de faire des traitements jusqu'à la fin des temps), à admettre la chose la plus simple du monde et à la fois la plus difficile à admettre: je ne sais pas. Je ne sais pas si je serai mère un jour. Je ne sais pas pourquoi ça m'arrive, qui décide de ça. Je ne sais pas s'il y a un sens à tout ça. Admettre ce "Je ne sais pas", et ne pas pleurer. Juste accepter, de plus en plus. 

Personne ne sait. Personne ne décide vraiment de la vie qu'il mène. C'est juste qu'il y en a beaucoup qui pensent qu'ils savent. C'est tout. 

Pour beaucoup, je pense que devenir mère, c'est devenir adulte. 
Nous, les femmes sans enfants en général, on a souvent l'impression d'être traitées comme des enfants. Soit comme des égoïstes (oui oui, on est égoïstes si on veut trop un bébé, mais on est aussi égoïstes si on n'en a pas... faudrait savoir!!), ou encore comme des filles qui ne connaissent rien à rien. 
Ben je vous jure, l'infertilité, c'est une autre façon de devenir une grande personne.

***

L'infertilité, c'est pas juste des images d'ovules grossies au microscope et des médecins qui parlent de génétique dans un charabia peu accessible au grand public. Ce n'est pas que traitement, ce n'est pas que diagnostic. L'infertilité, ça devient un chemin de vie, ça nous force à philosopher un brin, à avoir un certain recul. Et ça, c'est important que ça se sache. Que ce n'est pas qu'une condition gynécologique, ou un bête désir non-comblé. Que ça représente un vécu beaucoup plus large et complexe et touffu qu'un simple "je n'ai pas d'enfant". 




lundi 12 mai 2014

Silence radio

Ouf! Il y a longtemps...
Êtes-vous encore là?

Pour être bien honnête, j'ai cru que je ne reviendrais jamais écrire ici. Je ne sais pas trop pourquoi je n'avais pas cru bon mettre un point final à mon blogue et écrire un dernier article en guise d'au revoir... Peut-être qu'inconsciemment, je voulais me garder la possibilité d'y revenir? Enfin bref. Ceci étant dit, si vous êtes un(e) "ancien(ne)" lecteur(trice) (c'est pas simple l'égalité des sexes hein!) et que vous passez par ici, je tiens à m'excuser de vous avoir laissé(e) sans nouvelles comme ça, tout d'un coup, pendant aussi longtemps, sans plus d'explications. C'était pas délibéré de ma part, mais c'étai pas très chic non plus.

La vie a tourné très vite et très lentement à la fois, depuis ma GEU, fin novembre 2011.
Pour résumer: j'ai eu une longue période de réflexion et sans essai, puis j'ai saisi l'opportunité/l'idée/l'envie de travailler moins durant l'année qui s'annonçait afin de m'accorder le temps de réaliser des projets qui me tenaient à coeur. Finalement c'est un peu une sabbatique à durée indéterminée, mon affaire, puisque ça fera 2 ans que ça dure à l'automne prochain.

Entre temps, je me suis renseignée sur l'adoption internationale, j'ai appris qu'elle se trouvait actuellement dans une situation bien difficile, apparemment la pire depuis la dernière décennie. J'ai parlé avec une dame d'une agence d'adoption concernant la possibilité pour nous d'adopter en Russie. Ça m'a semblé atrocement compliqué, long, difficile, contraignant.

Puis, j'ai arrêté la pilule, bêtement, parce que j'étais rendue au bout de ma prescription, et que j'ai négligé d'en faire part à mon médecin et mon pharmacien. Dans le fond, je voulais voir ce que ça donnerait, d'arrêter. De quoi auraient l'air mes cycles, autrefois atrocement looooongs...

Ça, c'était en décembre. Depuis, je ne sais pas d'où ça sort, mais j'ai des cycles d'une durée normale, autour de 28-30 jours. C'est le boutte du boutte!!

On a fait quelques essais, mais sans médication. Au cas où un miracle nous attendrait.
Ça n'a rien donné, mais ce n'est pas grave. Ça nous a permis de voir comment on aborderait une nouvelle série d'essais, de voir comment on se sentait par rapport à l'idée de tout recommencer. Ça s'est plutôt bien passé. On se sent assez solides pour recommencer, une dernière fois. Je viens d'avoir 37 ans, alors ça sent un peu la dernière chance (oui bon je sais, ça sent ça depuis mes 35 ans.. ;) Les délais d'adoption sont tellement longs... le pas a été "facile" à franchir entre "attendre 6-7 ans" et "tenter notre chance pour que ça fonctionne d'ici 2-3 ans". Bon, je dis "facile", c'est relatif. Il y a eu réflexion, mijotage, projection dans le futur. Et on a franchi ce pas.

On a déjà amorcé nos démarches auprès de notre clinique, refait des prises de sang, repris des rendez-vous pour certains examens déjà faits par le passé, mais dont les résultats étaient échus. Aussi certains examens n'avaient pas été faits avant, donc on se lance maintenant dans un bilan plus poussé, entre autre une petite investigation pour voir s'il n'y aurait pas autre chose qui cause nos fausses couches répétées. On a pris notre rendez-vous et ça n'a pas été une traînerie : on est si motivés que 3 jours après la rencontre avec le médecin, mon chum a déjà fait tous ses examens et prises de sang, et j'ai fait la majeure partie des miens aussi. Le reste suivra rapidement... On va commencer ça, ces inséminations-là, pis ce s'ra pas une traînerie!!

***

Ça fait quelques fois que je reviens faire des tours sur cet ancien blogue, et sur les blogues ici à droite, que j'avais l'habitude de visiter presque quotidiennement. J'avais arrêté d'y venir parce que des fois, je traversais la ligne, la fine ligne qui sépare le "ça me fait du bien" du "je me roule dans ma bouette et je me fais du mal pour rien". J'avais besoin d'une coupure, de ne plus y penser, d'arrêter de songer à mes ovaires. Ça m'a fait du bien.

Mais là, de replonger dans le "merveilleux monde de la pma", ça me remet dans le bain. Je suis revenue, dernièrement, vous lire, les copines, voir où vous en étiez rendues. Je suis revenue faire des recherches aussi. J'ai toujours senti que c'était une responsabilité, pour moi, de faire quelque chose pour qu'on parle d'infertilité, pour qu'on ne reste pas collectivement pris et prises dans le tabou. Je m'en sentais la responsabilité, parce que si nous, qui vivons ces épreuves et qui passons par là, on ne parle pas de notre réalité, qui d'autre pourra en parler à notre place? Qui saura de quoi il faut parler, comment remettre les pendules à l'heure, comment aborder les choses, comment les nuancer? Qui saura que la procréation médicalement assistée, ce n'est pas seulement une étrange femme de 62 ans qui a accouché d'octuplés? Cette responsabilité, elle me semble plus importante que jamais, peut-être simplement parce que je cherche à me sentir utile, ces temps-ci. Peut-être juste parce que j'ai rechargé mes batteries, pris du recul, et retrouvé l'envie d'en parler.

Ce blogue, il prendra peut-être une tournure différente, moins axé sur mon besoin personnel de ventiler et de tenir à jour mon journal intime, et plus axé sur une réflexion sur le sujet. Enfin.... c'est ce que je souhaite, mais il se construira de lui-même au fil des articles. C'est, disons, la phase deux de la construction:)

J'aimerais en faire un espace qui ne s'adresse pas qu'aux autres infertiles, mais à tout le monde que notre situation intéresse ou intrigue. Je rêve peut-être en couleurs, mais bon, ça ne coûte rien d'essayer!





lundi 16 avril 2012

Tabou:

"Qu'il serait malséant d'évoquer, compte tenu des convenances sociales ou morales. Un sujet tabou." (selon le www.larousse.fr)

Jeudi dernier, chez la psy. En parlant, je me rends compte que je vis une douleur qui semble se renouveller éternellement par rapport à mon infertilité... Sur le coup, je m'insurge un peu. J'ai pourtant fait du chemin, non? Le deuil de la grossesse facile, je l'ai fait, je pense... J'ai accepté que ce ne soit pas pour moi comme pour les autres, j'ai accepté qu'on aurait probablement recours à l'adoption, j'ai plus qu'accepté, en fait: je me suis profondément enthousiasmée pour la chose. Bref, je fais du progrès... Non? Alors pourquoi suis-je encore aussi... braillarde?

Comme souvent en thérapie, ça a fini par sortir tout seul. Ce que je n'accepte pas, ce qui continue de me faire aussi mal qu'avant, c'est le tabou que je vis par rapport à tout ça, le tabou qui fait que quand quelqu'un me parle de bébés sans savoir que pour moi c'est un sujet confrontant, je n'ose pas dire à mon interlocuteur comment je me sens, de peur d'etre "déplacée", de peur d'installer un malaise. Et le malaise, c'est moi, au fond, qui reste prise avec. Et c'est moi, aussi, qui va pleurer dans les toilettes.

Bref, on a identifié tout ça bien dans le détail, et ma psy m'a donné comme mandant simplement d'identifier sur le champ les moments où ça se produit: ce qui déclenche mon impression qu'il y a un tabou qui m'empêche de m'exprimer, comment je me sens, comment je réagis, etc.

*****

Jeudi soir, j'avais un souper chez une amie. Il y avait aussi deux autres amies de cette copine, des femmes qui avaient environ l'âge de ma mère. Qui se sont mises à parler avec joie et fou rires de l'accouchement de la fille de l'une d'entre elles, n'omettant aucune anecdote, se rappelant à quel point la future grand-mère était excitée... Et ajoutant avec enthousiasme qu'il y avait un deuxième bébé en route.

Je continuait d'entendre la conversation, mais je m'étais refermée, et je ne disais plus rien. Je rêvais de simplement dire : écoutez, je ne veux pas gâcher le party avec ma petite expérience personnelle, mais c'est difficile pour moi d'entendre parler de bébé tout en étant légère, enthousiaste et bon public. J'ai perdu mon troisième début de grossesse il y a même pas 5 mois, apres tout...

Mais bon. Dans ma tête, ça a flashé comme en néon. Tabou. Je suis allée respirer dans les toilettes.

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Le lendemain, vendredi. J'ai appris par facebook la seconde grossesse d'une amie. En fait, j'avais masqué cette personne depuis un moment, me disant que je pourrais aller voir son profil quand ça me le dirait, plutôt que de voir des posts d'enfants à des moments inopportuns pour moi. Donc vendredi, je vais voir son profil, et j'apprends qu'elle est enceinte depuis un moment déjà. Et qu'elle n'a pas cru bon me l'annoncer personnellement.

Alors, tabou, ou pas tabou?

J'ai pleuré un peu, et je suis allée courir quelques kilomètres. Au rythme où je suis confrontée à ça ces jours-ci, je vais me mettre en forme sur un temps rare..!

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Dimanche, petit party d'amis de mon copain à la maison. Une des filles présentes s'est mise à me raconter des détails sur le petit garçon qu'elle garde, me disant comme ça qu'elle veut des enfants, mais qu'en attendant que son chum soit prêt, elle est à fond dans le gardiennage. J'ai réussi à tenir en me répétant : faites qu'elle change de sujet, faites qu'elle change de sujet!! Ce qu'elle fit...est-ce que j'ai parlé à voix haute, moi là?!

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Aujourd'hui, je suis allée à la pharmacie chercher ma deuxième plaquette de pilules contraceptives. La pharmacienne, qui d'habitude me reconnait et se souvient que je suis "la fille qui prend du metformin et du femara mais qui n'a ni le cancer du sein ni le diabète", m'a demandé si je venais d'accoucher.

Euh... Tellement pas...

Des informations de mon dossier dans l'ordi l'auront simplement induite en erreur, et je lui ai expliqué que j'avais bien été enceinte, mais que j'avais fait une grossesse ectopique. Je voyais qu'elle se sentait déjà mal de ce malentendu, alors je n'ai évidemment pas osé lui dire : c'est vraiment confrontant pour moi tout ça... Y'a pas moyen d'écrire INFERTILE en grosses lettres rouges dans mon dossier???

Pour les larmes, j'ai attendu d'être dans la voiture. Tabou.

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J'ai hâte que la psy me donne comme mandat de dire tout haut ce que je pense et ressens, à tout moment, n'importe où. Ça fera changement, tiens...

mercredi 4 avril 2012

Brèves nouvelles

J'achève déjà ma première plaquette de pilule anti-bébé. C'est pas le paradis dont je me souvenais: je ne sais pas si c'est dû au fait qu'on m'ait prescrit la plus faible de toutes les pilules, ou bien si c'est juste parce que mes hormones ont eu la vie dure au cours des dernières années, ou bien encore parce que ça faisait déjà une douzaine d'années que je ne l'avais pas prise, mais j'ai eu des symptômes bizarres dernièrement. De l'insomnie, un peu. De la fatigue, pas mal. Un mal au coeur dont je me passerais, et des bouffées de chaleur la nuit... misère, on ne s'en sort donc jamais!!!!

***

Je m'applique à songer à l'adoption et à faire le deuil à jamais d'une grosse bedaine. Je farfouine sur le site du SAI, je lis, je trouve la plupart des pays un peu compliqués dans leurs exigences, je trouve le nombre d'inscriptions très bas compte tenu du grand nombre d'enfants dans les orphelinats à bien des endroits, j'ai peur que ce soit immensément long, j'ai peur qu'on choisisse un pays qui se fera fermer à l'adoption juste comme notre tour arrivera, j'ai peur que la malchance me poursuive tout le temps.... mais malgré tout, je ne m'insurge pas trop. Je me fais à l'idée, je pense. Je pense à Taïwan, surtout. Et je croise les doigts pour que Haïti soit réouvert à l'adoption... je pense que c'est dans l'air, mais j'ignore si c'est réellement prévu pour prochainement.

***

Sinon, je suis ultra occupée, pour m'éviter de trop penser, un peu, et aussi parce que bon, quand y'a du travail le fun et payant qui se présente, on le prend!! Cet été, il y a au menu: vacances dans le sud avec le chum idéal, autres vacances à la plage avec l'amie idéale ;-)), et magasinage d'une maison (oui bon, je croise mes doigts pour que ce projet-là aboutisse... pour le moment, c'est bien parti, disons.). Donc ça va: tout est en oeuvre, pour le moment, pour que 2012 soit une année moins chiante que 2011! :)

jeudi 15 mars 2012

La pilule

Depuis le 23 janvier, j'attendais mes règles.
...
Tadam! Enfin, elles ont débarqué cette nuit. Je dis enfin, pour deux raisons: la première c'est que dans l'attente, avec l'incertitude, les maux de ventre, j'ai une irrationnelle peur de crever. Tous les "tout d'un coup" sont permis: tout d'un coup qu'il y a un problème avec ma trompe, tout d'un coup que mes maux de ventre ne sont pas des crampes de regles qui arrivent, mais autre chose, tout d'un coup que la cicatrice se rouvre a l'intérieur et se remet à saigner, tout d'un coup que j'ai une surprise miraculeuse dans le ventre sans le savoir et que je refais une geu...

Donc la, voila, j'ai mes règles, je peux avoir l'esprit tranquille!

La deuxième raison, c'est que... J'attendais qu'elles arrivent pour pouvoir recommencer à prendre la pilule. Oui oui, la pilule, l'anti-conceptionnelle, l'anti-bebe, celle qu'on prend quand on n'en veut pas. C'est une décision qui s'est un peu imposée à moi. Je suis incapable de me voir enceinte sans m'imaginer tous les pires possibles, trop habituée à ce que le pire se produise... Donc la pilule, ce sera peut-être juste pour quelques mois, ou peut-être pour plein d'années, pour tout le temps... J'en sais rien. Mais j'ai besoin d'avoir l'esprit tranquille et les ovaires au repos.

Je quitte donc le monde de la pma pour un bout de temps.
Ca va me faire drole. Ca va me faire du bien!

Mon envie d'avoir une famille, elle est ailleurs en ce moment. Un peu au viet-nam, et un peu a Haiti. Je vous en reparlerai;)

*****

Demain j'aurai 35 ans....!!!


vendredi 9 mars 2012

Post-trauma

Ça fait quoi... Un peu plus de trois mois. La GEU...

C'est fou comme au début, j'ai été bien concentrée sur ma convalescence physique. Je suis retournée assez rapidement à mes activités habituelles, et pourtant je commence juste à me sentir de retour à la "vraie" normale. Disons, au-delà de simplement être capable de me tenir debout!

Et dernièrement, depuis plusieurs semaines en fait, j'ai recommencé a voir ma psy. En fait je vis bizarrement ce "retour à la normale" de ma condition physique. Je me suis mise à avoir des réminiscences de mon hospitalisation... Pas exactement des flashbacks comme dans les films, mais quand même, des souvenirs qui me reviennent, qui peuvent être déclenchés par tout et rien, et dans lesquels il y a des souvenirs de faits et de détails (genre le visage d'une infirmière, lese bruits dans l'urgence, des paroles qu'on m'a dites...) , mais en prime aussi, des souvenirs de sensations... La difficulté à respirer parce que l'abdomen est rempli du sang de l'hémorragie. La sensation de la sonde qu'on m'enlève. Lees larmes que j'ai envie de pleurer, la nuit, seule à l'hôpital, mais que je retiens parce que le simple fait d'avoir la boule dans la gorge me fait mal partout et me fait paniquer.

Bref, autrement dit, le corps est remis, et là, ce sera au tour du reste de guérir... J'ai comme un deuil à faire, qui traîne, et ça m'énerve que ça ne se voie pas.

Je me sens hyper intolérante face aux gens qui visiblement ignorent ce que j'ai vécu. Je ressens le besoin un peu lourd de parler constamment de la gravité de ce qui m'est arrivé, comme s'il fallait que je prouve que ça n'est pas rien. Moi j'ai besoin de me faire dire que c'était bien réel, grave pour de vrai... D'ailleurs j'ai lu plein de trucs sur l'état de choc hémorragique, des articles médicaux expliquant ce qui se passe à ce moment là: tachycardie, baisse drastique de la tension artérielle, déshydratation intense, paleur extrême et bleuissement des lèvres, respiration difficile, les organes vitaux qui manquent d'oxygène... C'est bizarre ce que ça me fait de lire ça: j'y reconnais ce qui m'est arrivé et ce que les docs m'ont dit, c'est un peu pénible de revisiter ces souvenirs, mais en même temps j'en ai besoin, et dans ma tête ça fait "Aha! Je savais que c'était vrai, que je n'exagérais pas, que je n'ai pas inventé ça, que je ne fais pas bêtement la victime qui s'invente des bobos!! "

Et puis aussi, je suis plutôt imperméable aux malheurs des autres en ce moment. D'habitude, je suis plutôt empathique, mais là... À part pour mes amies proches, quand quelqu'un se met à se plaindre qu'il a la gastro, je sais, c'est con et puéril, mais j'ai toujours bêtement envie de faire une compétition de blessures et de dire "euh, ben moi j'ai failli mourir pour de vrai, alors ta gastro, pffff!!"

(oui bon, et j'ai un peu honte d'avouer, mais j'imagine qu'il faut que ça sorte...)

Ma psy m'a dit que c'est du stress post-traumatique... Paraît que c'est normal que ça sorte comme ca, quelque mois après coup.

Et moi, bien... Je trouve que ça fait du sens. Bien sûr, il y a des degrés divers dans tout ça, et de mon côté, c'est quand même léger: je n'ai quand même pas des flashbacks qui m'empêchent de fonctionner ou qui me paralysent...mais bon. Ça fait quand même du bien d'avoir un vrai terme officiel sur ce que vis ces jours-ci, avec quelqu'un qui m'assure que c'est normal.

*****

Vécu dernièrement: dans un spa, je remplis l'habituel bilan de santé, et j'inscris ma grossesse ectopique dans la case "chirurgie". La personne arrive, me reçoit, lit mon bilan et dit : " grossesse ectopique..." Voyant qu'elle n'a pas l'air de savoir ce que c'est, j'explique un peu, chose que je trouve toujours un peu pénible "bla bla, trompe éclatée, hémorragie interne, opération en catastrophe" . Et elle me demande:

"Mais... Est-ce que tes genoux sont corrects?"

Euh...
Bah oui, eux ils sont corrects!!

mardi 14 février 2012

Ça germe

Meuuuuh non, c'est pas moi qui germe! C'est plutot ça:




Je me suis procuré un machin à 3 étages pour faire germer ma luzerne et des pousses de toutes sortes... C'est trop joli! Et c'est du bon miam miam en plus :-)

Moi qui n'ai pas tellement le pouce vert, ou plutôt disons que mon talent est limité de ce côté, ben... C'est chouette de voir ça pousser, facilement.

Je me fais peut-être des histoires, mais on dirait que ça conjure le sort un peu... !
(on se fait sa thérapie comme on peut :-)

mardi 17 janvier 2012

... un livre...?

Dernièrement, il y a une idée qui me trotte par la tête.

***

Les quelques fois où j'ai osé chercher des livres sur l'infertilité, les fausses couches, les ovaires polykystiques, etc, soit dans les bibliothèques ou dans les librairies, j'ai été tellement, mais tellement déçue...

À ma bibliothèque municipale, par exemple, un seul "guide de l'infertile", du genre: "Voilà, maintenant que vous voyez bien que ça ne marche pas, vous allez devoir consulter un médecin qui vous fera passer des tests..." Duh!

A la librairie: de tout, sauf de ça. À en juger par le contenu des rayons, comme société on en sait sur les problèmes de tout le monde, sauf sur celui-là. On a à lire sur l'alcoolisme, sur les itinérants, sur le jeu compulsif, sur le divorce, sur le cancer; on trouve des épanchements sur le vécu de ceux qui perdent leur emploi et se retrouve sur le chômage, qui vivent des difficultés relationnelles, qui souffrent d'une maladie mentale, chronique, d'un hadicap; on connaît tout du vécu des homosexuels-transexuels-transgenres-fétichistes; on a des livres sur "Quoi faire? Mon enfant ne veut pas dormir!!/manger!!/être poli!!/faire ses devoirs de mathématiques!!"...

Tout ça, c'est bien. Tant mieux si tous ces gens ont vu leur expérience reconnue, écrite, analysée, publiée quelque part comme une vraie-réalité-qui-existe-pour-de-vrai...

Mais sur l'infertilité, on ne trouve que très peu, pour ne pas dire "rien", et devant le rayon, on se sent bien seul(e)... Je ne sais pas ailleurs, mais ici, quand on entend parler d'infertilité dans les médias, on se rend compte que les gens n'y connaissent rien et mélangent tout. Pour beaucoup, infertilité égale stérilité, égale fécondation in vitro. La plupart des gens ne connaissent pas la différence entre un traitement inducteur de l'ovulation, une insémination artificielle, et une fécondation in vitro, et je ne saurais le leur reprocher: quand ça ne nous concerne pas, tout ça n'est qu'une vague masse de médecine douteuse de laquelle il résulte généralement des triplés ou quelque chose du genre...

Du coup, ben.. le vécu!! vous n'y pensez pas!!! on n'est comme pas rendus à ce stade d'information!! Quand on entend parler d'infertilité, ou quand on trouve un livre ou un fascicule de base sur la question, c'est pour renseigner sur les éléments de base. C'est pour dire que l'infertilité, ce n'est pas la stérilité, et pour nous apprendre, oh surprise, qu'elle peut être masculine ou féminine (j'exagère à peine...)

***

Alors voici: depuis un moment, je songe à regrouper des témoignages, et à réunir le tout en un livre... Voilà, juste ça: pas d'analyses, de théories, de "c'est-la-faute-de-l'âge/des-pesticides/des hormones-dans-le-poulet", pas de manuel sur le fonctionnement du système reproducteur, pas de théories de psychologues sur le désir-d'enfant-possiblement-pas-totalement-assumé, rien de ça. Juste des témoignages sur les divers aspects de ce que l'infertilité peut nous faire vivre, juste un peu de tout, pour qu'un peu toutes les lectrices (et les lecteurs... et leurs entourages aussi) puissent se reconnaître, comprendre mieux, admettre que ça existe et que ça a un impact réel sur la vie de tous les jours.

Aussi juste pour que moi, je puisse un brin transformer mon expérience en positif, en constructif, et vous aussi si vous embarquez... et pour que les autres puissent trouver sur les rayons des librairies un peu de réconfort et se dire "ben voilà, au moins je ne suis pas toute seule, et je suis normale..."

Ce que nous faisons en nous lisant les unes les autres en virtuel, quoi...

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Alors, vous en dites quoi?
Je sors mon québécois et vous demande officiellement: Ça vous intéresse-tu d'y participer??

***

En gros: je récolterais les témoignages de qui veut bien, je ferais le tri, vous poserais peut-être quelques questions pour avoir des témoignages sur un peu tous les aspects, et je sais pas la suite... Trouver un éditeur? Faire ça indépendamment? Distribuer le tout gratuitement dans des cliniques pma et des cliniques tout court? J'en sais rien, j'improvise... et je suis ouverte aux idées. Ça mijote encore, là-dedans :)

dimanche 4 décembre 2011

Plus comme avant

Merci, les amis et amies, d'être venus lire ma péripétie :)
Et à ma "clone des coups durs" : j'espère que je t'ai pas trop fait pleurer, quand même! ;)

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Et ben voilà, me voici déjà pour quelques nouvelles. Je suis maintenant revenue à la maison depuis 12 jours, et je dirais que je suis pas mal revenue à la normale, physiquement. Je me lève facilement, même si j'ai tendance à encore faire attention pour ne pas me lever trop vite. Depuis hier, je me trouve plutôt normale même quand je monte les escaliers. J'ai conduit ma voiture aussi. Je ne courrais pas le marathon demain, disons, mais pour les trucs du quotidien, ça va.

Il y a 2-3 jours, par contre, j'ai eu un petit truc qui m'a inquiétée: en plein magasin (je voulais me tester et voir si j'étais capable d'aller faire des courses... Oui bon et j'avais aussi chanté tout l'après-midi pour voir si je serai capable bientôt de reprendre ma place avec mon trio vocal), bref, en plein magasin, j'ai eu des palpitations. Qui m'ont fait sursauté... Sur le coup ça m'a hyper inquiétée, et je me suis assise pour prendre de grands respirs...

Ça ne me l'a pas refait depuis, mais comme je vois (enfin) la doc ce mardi, donc dans deux jours, je vais lui en parler. J'ai toujours eu une tendance fatiguante aux palpitations, je dis "palpitations" mais ce n'est peut-être même pas le bon terme, et comme je n'en ai jamais parlé à aucun médecin, quand ça arrive je trouve toujours ça bien énervant...et donc je me stresse...et j'imagine que je palpite encore plus parce que je m'énerve ;)

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Oui bon, lâchons les détails mécaniques un peu...

C'est bête, mais depuis que je suis revenue de l'hôpital, je me sens...

Hyper chanceuse. Pour vrai!

Probablement la faute à "j'ai failli crever" , mais je me trouve chanceuse. Juste d'être ici, au Québec. De vivre dans la maison dans laquelle je vis. D'avoir les parents que j'ai. D'avoir la famille que j'ai, d'avoir le chum que j'ai. De faire le travail que j'ai, qui m'énerve par moments, mais qui m'offre tant de liberté et de possibilités de me réinventer comme je veux. D'avoir les amis et amies que j'ai, ça c'est une énoooooorme chance..:) D'avoir le luxe de choisir ce que je veux vivre dans ma vie, de ne pas être prise avec des difficultés simplement pour survivre... D'avoir la relation que j'ai avec mon amoureux.
D'avoir la sensation que j'aurais pu y passer, et de prendre conscience de la chance que j'ai. Ça, c'en est une en soi, une chance.

Depuis ça, on diraiti que j'apprécie tout mieux. Que je suis un peu plus présente. Que je m'écoute mieux, et plus facilement. Que tout est plus clair et plus simple dans ma tête.
C'est con, mais je ne pensais jamais avoir quasiment envie de dire "merci ma geu"...
(j'ai dit quasiment, hein! QUASIMENT!!!)

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Du coup, avoir des enfants ou pas, on dirait que ce n'est plus si grave.
Du coup aussi, pour le moment on dirait que tout autour de nous parle d'adoption... On ouvre la radio et ça parle d'adoption; on ouvre la télé et v'là une pub pour une émission sur l'adoption... Pour le moment disons qu'on garde les yeux ouverts... On écoute, on regarde, on lit, on en parle un
peu. On verra.

Moi je pense que je serais prête à essayer une dernière fois, mais en même temps, en ce moment, ce serait plus pour satisfaire mon envie d'aller jusqu'au bout pour ne pas avoir de remords plus tard, que pour l'envie du bébé naturel lui-même. Le bébé naturel, en ce moment, ça va vous paraitre drôle, et peut-être que ça ne se dit pas trop, mais .... En ce moment, je ne le vois pas. Je n'arrive plus à le visualiser comme durant le court moment de ma grossesse, comme si ça pouvait être vrai. Je n'en vois pas l'utilité ou le besoin, non plus. Pour le moment, hein... Ça me semble juste comme un concept étrange et flou. Il n'existe pas, il est plus qu'hypothétique, et on dirait que pour l'instant, il ne cadre pas avec mon nouveau moi qui apprécie les petites choses qui sont là, elles. Comme si j'avais plus envie de me consacrer au réel qu'à l'hypothétique...

(oui bon, vous le savez, ça pourrait changer. Chaque chose en son temps...)


dimanche 27 novembre 2011

Trois lettres.

G.E.U...

Sans blague...? Sans blague... Je vous jure. Meme si je n'y crois pas encore tout a fait moi-meme.

La derniere fois que je suis venue ecrire, je venais d'avoir ma prescription de femara. Au debut octobre, ca y etait, on commencait ce traitement, qui ma foi, a marché a merveille. Enfin...presque.

Durant le traitement, tout a été comme sur des roulettes. Pas d'effet secondaire. Un bon timing, il nous semblait, pour que cette fois-ci, ca fonctionne. Une ovulation facile a détecter. Des essais faciles a planifier. On était confiants, enthousiastes, on était dedans, comme on dit, pas blasés, fatigués et défaitistes comme a d'autre moments auparavant.

L'attente du résultat s'est bien passée. J'ai même réussi à attendre 3-4 jours de plus que nécessaire avant de faire le test, juste parce que ça adonnait mieux comme ça, juste parce que j'avais envie d'apprendre le résultat un matin de jour de congé... C'est dire, c'était bien ma meilleure performance à vie en termes de patience!

Le matin du lundi 7 novembre, donc, j'ai fait un test de grossesse, et j'ai découvert sans grande surprise la deuxième petite ligne sur le bâtonnet: c'était positif, et on dirait que je le savais. Je n'avais pas de grands symptômes, mais quelques-uns quand meme, et puis j'avais bien 3-4 jours de retard...

Sur le coup, on a tellement été heureux, soulagés, presque pas surpris. C'était notre tour, on était dus, le timing était parfait, la vie nous devait bien ça après ces 5 années!

On s'est emballés, en essayant d'etre prudents un peu quand même, mais on s'est emballés. On a pensé a la naissance, aux noms, aux trucs à préparer, à la maison qu'on prévoit acheter. À la famille qui allait être contente que ca fonctionne enfin pour de vrai. À mon ventre qui allait enfin fonctionner, s'arrondir, et nous donner un beau bébé qui nous ressemblerait. Au fait que si mes fausses couches ont été dues a de mauvaises ovulations, cette fois-ci, on aurait toutes les chances de notre côté pour que l'embryon tienne et se développe comme il faut, grâce au femara. On s'est réjouis, aussi, que le femara ait fonctionné du premier coup, on s'est soudainement sentis extrêmement chanceux...

Chaque jour je faisais attention a moi... Je m'etais meme organisee pour alléger mon horaire, et j'essayais de ne pas trop m'énerver par crainte de la fausse couche. J'y réussissais pas trop mal, et je n'avais aucun saignement, donc j'étais rassurée.

J'avais une échographie prévue chez ovo pour le 23 novembre, une écho de viabilité, et j'attendais le résultat de cette écho avant de l'annoncer à mes parents. J'avais envie que ce soit une "vraie" bonne nouvelle, pour une fois.

Samedi soir le 19 novembre, j'ai commencé a avoir de légères douleurs a l'aine, comme une lourdeur. Pas de saignement. J'ai pensé que ce devait etre normal... Des douleurs de ligaments , ou quelque chose du genre. Rien d'inquiétant, quoi.

Le dimanche matin, je remarque que la douleur est un peu plus prononcée, et que ca irradie dans mes cuisses, et la, je commence à trouver ca bizarre, et à googler mes symptômes et mes questions. Je n'ai pas eu le temps de trouver grand chose, que paf!, une intense douleur m'assaillait, comme un gros coup d'éclair dans tout mon ventre. Une douleur intense, mais brève, parce que je me suis allongée aussitôt, et couchée, ça allait un peu mieux.

Inquiète, j'ai annulé mes activités de l'après-midi pour me reposer, en souhaitant que ça se tasse. Au fur et à mesure que la journée avançait, je me sentais de plus en plus faible, et chaque fois que je me levais debout ou simplement assise, la douleur revenait, toujours plus intense...

En début de soirée j'ai téléphoné à info-santé, et on m'a dit d'aller à l'urgence, question d'en avoir le coeur net. Toujours aucun saignement, pourtant...

Le trajet jusqu'à l'hôpital fut atroce. C'est mon chum qui m'y a conduite. J'étais tellement faible et pâle juste d'être assise, et la douleur, qui continuait de s'intensifier, s'accentuait avec chaque soubresaut de la voiture, tellement que ça me faisait vomir, et puis les spasmes de vomissement me faisait me cogner le front sur le coffre à gants... :-S

Heureusement, arrivés à l'urgence, ça a été assez rapide, une chance parce que je commençais vraiment à avoir l'impression de perdre la carte. La douleur montait plus haut dans mon ventre et je me sentais toute gonflée, comme si j'allais exploser.

On m'a rapidement mise sur une civière et sous surveillance, on a pris ma pression qui était très basse, au point que l'infirmière croyait que c'était la machine qui ne fonctionnait pas bien. Un premier médecin m'a vue, un généraliste fort sympathique qui m'a fait passer une échographie, à la recherche de liquide éparpillé dans mon ventre. À ce moment-là, le doc hésitait entre une grossesse ectopique ou une crise d'appendicite. Se disant pas vraiment expert pour manier la machine à échographie, il m'a fait donner de la morphine en intra-veineuse pour calmer les douleurs, le temps qu'une autre doc vienne me voir et trouve le bobo.

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La morphine, c'est splendide comme sensation... Il m'a semblé sur le coup que j'étais complètement crispée depuis des heures, et que je pouvais enfin me détendre... Voyant que je passerais la nuit à l'hôpital et que j'étais maintenant soulagée, mon chum est retourné à la maison pour essayer de dormir quelques heures.

Après un moment, par contre, les douleurs sont revenues, alors j'ai appelé l'infirmière, qui m'a dit que la dose que j'avais reçue était sensée me soulager pendant 3heures... Et là, on n'était que 45 minutes plus tard...
Elle a tout de même obtenu du médecin l'autorisation de m'administrer une seconde dose. Qui ne faisait plus effet 50 minjtes plus tard, elle non plus.

Quand j'ai redemandé une autre dose, c'est une nouvelle infirmière qui est venue me voir. C'est qu'on était rendus la nuit... Elle m'a répondu gentiment, mais tout de même avec un ton qui voulait dire "ben là, il va falloir que tu attendes, on peut pas te donner de la morphine aux 45 minutes, quand même"... Et là, à ce moment-là, franchement, j'ai eu peur. Je me suis dit que s'ils ne prenaient pas ma douleur au sérieux, je risquais d'y passer. S'ils ne comprenaient pas l'anormalité de mes douleurs MALGRÉ la morphine, vraiment, j'étais mal foutue.

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À un moment donné, la machine qui prenait mes signes vitaux s'est mise à donner "le signal d'alarme". Les infirmières venaient voir ma pression et mon rythme cardiaque, et me donnaient la main en me disant que ça irait, puis elles s'éloignaient et se disaient entre elles "il faut que la doc arrive, elle tachycarde et ses signes vitaux ne vont vraiment pas bien...". La douleur avait tellement monté et gagné en intensité que j'avais du mal à faire le moindre mouvement, même respirer était difficile.

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Une doc est arrivée en me disant qu'elle était gynécologue obstétricienne et chirurgienne, et qu'elle allait pouvoir me sortir de là (alleluïa!) . Elle m'a fait passer une seconde échographie, et sans pouvoir dire s'il s'agissait d'une grossesse ectopique ou d'une crise d'appendicite, elle a vu du liquide à l'intérieur et m'a tout de suite dit "je vais devoir t'opérer pour trouver ce que c'est et arranger ça. Je vais te faire ça par laparoscopie, donc tu ne devrais pas avoir de grosse cicatrice en te réveillant..."

Tout de suite les infirmières m'ont préparée pour être emmenée en salle d'op. On m'a retiré mes vêtements et ma bague, et j'étais contente que ça roule, enfin ma douleur était une "vraie" urgence, et puis j'avais trop mal pour craindre l'anesthésie générale. Et il faut dire aussi, la doc m'inspirait vraiment confiance.

Le plus difficile fut de me faire transférer sur la civière, de me faire conduire a la salle d'op, de voir passer tous ces néons au plafond qui me donnaient le tournis, de savoir que mon chum était en chemin mais qu'il ne serait pas là à temps pour que je le voie avant l'opération. De me refaire transférer sur la table d'opération, d'en vomir de douleur, d'écrabouiller la main de l'infirmière assez gentille pour me donner la main, tellement je la lui serrais fort...

On m'a mis un masque dans le visage en me disant "allez, respire bien, ce n'est que de l'oxygène, ce n'est pas ce masque là qui va t'endormir..." J'ai respiré à fond, et je me suis endormie si vite que j'ai manqué la fin de la phrase :)

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Au réveil, tout tournait, mais ça m'importait peu, je souriais bêtement en répétant "wow, merci, je n'ai plus mal...". Mon amoureux, qui m'a vue à ce moment-là et qui jusque là avait espéré que ce ne soit qu'une crise d'appendicite et qu'on ne perde pas le "bébé", mon amoureux, donc, m'a vue, blanche, cadavérique, avec les lèvres mauves... et s'est dit, à ce moment-là, que ce qui était important, c'était que je sois en vie.

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C'était donc une grossesse ectopique. L'embryon s'était installé dans ma trompe gauche, et pour une fois il semblait se développer comme il faut... Si bien que la trompe a éclaté, et a provoqué une grave hémorragie interne. On m'a retiré plus de un litre de sang de l'abdomen, voilà pourquoi je me sentais comme si j'allais exploser, voilà pourquoi la douleur montait, aussi.

Chanceuse dans ma malchance: apparemment, ma trompe avait "bien" fendu, de sorte que la doc ne me l'a pas enlevée. Elle devrait se cicatriser et être fonctionnelle à nouveau d'ici quelques mois.
La doc m'a aussi dit qu'elle n'avait pas vu de raison apparente pour cette erreur de la nature... Habituellement, des trompes un peu trop tortueuses peuvent favoriser ce genre de problème, mais ce n'est pas mon cas. Elle m'a dit que mes trompes étaient très belles, droites, que mon utérus avait l'air tout a fait normal, que mes ovaires n'avaient même pas l'air d'être polykystiques. En d'autres termes, c'est vraiment la faute à pas de chance...

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Après ça, il faut se remettre. Physiquement, je parle, en premier du moins. Après avoir perdu autant de sang, c'est l'anémie: faiblesse, étourdissements, bourdonnements dans les oreilles, incapacité de me lever toute seule, impression d'évanouissement au moindre mouvement trop brusque. On m'a proposé une transfusion sanguine pour accélérer la convalescence, et quand la doc m'a dit que ça me permettrait de rentrer chez-moi le soir même, j'ai accepté sans trop hésiter.
Je dis "sans trop hésiter", parce que j'ai hésité un peu, tout de même... Tsé, quand après cinq ans d'essais, 2 fausses couches, un diagnostic d'infertilité qui te met dans un groupe minoritaire de la population, un traitement qui marche enfin mais qui vire en grossesse extra-utérine (2 pourcent des grossesses, bordel!! 2 pourcent !!), et qu'on te dit qu'il y a quand même des risques minimes inhérents à toute transfusion sanguine (quelque chose comme une chance sur 250 000 d'attraper le vih ou une hépatite), tu te dis "pourquoi ça ne m'étonnerait pas que ça tombe aussi sur moi..."
Bref, j'y ai pensé quand même un peu... Puis l'envie de rentrer à la maison rapidement a pris le dessus.

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Là, je suis a la maison depuis 8 jours. Au début, tout était difficile, mon coeur et ma respiration s'emballent encore au moindre effort. Mais j'ai fait des progrès, et dans à peu près une semaine je devrais être redevenue à peu près normale dans mes capacités physique. Capable de fonctionner et de retourner tranquillement à mes activités.

Je revois la doc qui m'a opérée le 6 décembre, pour un suivi. J'ai hâte, parce que j'ai des tonnes de questions à lui poser. Ça va m'aider à me positionner pour la suite. Tout juste après l'opération, je me disais que c'était fini pour moi, les essais. Que je serais terrorisée à l'idée de retomber enceinte, que je pouvais peut-être vivre avec la crainte de faire des fausses couches à répétition, mais pas avec la crainte de mourir. Déjà je me trouve plus "phobique" qu'avant... J'ai peur de l'urgence pas prise à temps, j'ai peur d'être seule, j'ai peur de chaque sensation dans mon ventre, peur que ça recommence. C'est un peu débile, mais des fois j'ai peur que ça ait été véritablement mon heure, et qu'un incident revienne corriger le fait que j'aie été sauvée in extrémis par erreur... C'est un peu débile, je vous l'avais dit.

Pour la suite, je sais pas trop trop... Toutes les options pèsent égal dans la balance, on dirait. Je songe à l'adoption, mais je ne suis pas sûre; je songe à recommencer, en me disant que la chance n'aura pas le choix de se pointer un jour, mais je ne suis pas certaine; je songe à planifier une vie sans enfants et faire une croix là-dessus, mais je ne sais pas trop non plus....

Ça va prendre du temps...

Voilà, c'était un long et lourd article, mais j'avais besoin de ça, de le raconter comme c'est, tout d'un trait. Je voulais aussi vous dire que... je vous aime, bon. Merci de venir simplement me lire, de commenter ou pas, de vous livrer vous-memes dans vos messges et sur vos blogs respectifs. Non mais, ça aurait-tu été bête que je parte comme ça, sur une malchance, sans vous donner de nouvelles...

A bientot, pour des nouvelles de gros progrès, je l'espère :)

jeudi 1 septembre 2011

Femara

Eh bien, ce fut tout simple, tout gentil, tout facile.

La doc ne m'a pas traitée de folle, apparemment certains docs connaissent les effets secondaires cardio-vasculaires dont j'ai souffert (contrairement à l'infirmière sur laquelle j'étais tombée au téléphone et qui sans le vouloir m'avait un peu fait sentir comme une débile!).

Tout sourire, elle m'a simplement dit qu'il y avait le femara comme alternative, que c'était un tout autre produit que le clomid et le sérophène, qui quant à eux sont des dérivés... bref la même affaire mais avec des noms différents. Pour le femara, je ne connais pas les détails, mais apparemment que c'est un produit tout à fait différent, qui agit sur ... j'sais pas quoi au juste, mais pas sur la même chose que ce sur quoi le sérophène agit.

(Avouez que j'vous en apprends là! lol)

Alors voilà, me voici avec un beau nouveau 6 mois d'espoirs devant moi, avec la presque promesse de ne plus avoir ces effets secondaires désastreux: apparemment que les effets secondaires du femara sont moindres, et ne sont pas du même ordre (pas vraiment de risque d'effet cardio-vasculaire).

Que dire... Yé!!! :-)))

Je suis vraiment contente, et tout d'un coup, il me semble qu'y croire, c'est permis ;-)

mardi 30 août 2011

Demain - Jour 40, jour Ovo

J'ai eu un beau week-end dernièrement: c'était le mariage d'une bonne amie à moi en fin de semaine passée. On y est allés, avec mon amoureux, et des amis communs... ça nous a fait un moment retrouvailles en même temps, c'était trop bien!!

Ma peine du dernier post est passée... fallait que ça sorte, c'est tout, et je me rends compte que je viens souvent ici écrire quand je ne me sens pas bien, quand j'ai besoin de "ventiler" un peu.. du coup je dois bien avoir l'air de la fille qui va toujours mal!!

Demain on a rendez-vous chez Ovo. Je ne sais plus trop pourquoi j'avais pris ce rendez-vous... Pour faire le point, je pense. Pour voir si le doc peut me prescrire un truc qui ne me donnera pas des palpitations angoissantes. Pour voir si ça s'est déjà vu, une pause sur la pilule anti-conceptionnelle pour mettre les ovaires au repos. (???) Pour faire le point avec l'homme idéal, et voir si on continue, ou bien si on arrête. J'ai été souvent complètement écoeurée, dernièrement, mais je pense qu'on va continuer quand même un petit peu. (héhé, un peu, je dis bien!)

En même temps, je serai à mon quarantième jour demain... Les deux derniers cycles m'avaient semblé longs, je pense 35 et 37 jours, quelque chose comme ça... Ce mois-ci, je n'ai rien pris, mais alors là, rien du tout. Pas de traitement, pas de teintures ni de tisanes, j'ai boudé les herbes bien comme il faut. Ce qui est bizarre c'est que d'habitude quand j'ai des cycles longs, j'ai cette sensation désagréable que les menstruations arrivent, mais je l'ai durant une bonne semaine et demie... Et là, rien. Y'a pas à dire, en plus j'ai bu, j'ai mangé, j'ai dormi peu et j'ai fêté, et d'habitude à ce moment du mois, ça m'affecte beaucoup plus que ça. Cette fois-ci, niet!
Tant mieux pour moi!!

(Oui bon, je vous épargne la poutine: j'ai fait un test, il était négatif, et si je l'avais simplement fait trop tôt?!)

Voilà! Le reste à suivre demain...
C'est un peu bête, j'ai l'impression que je vais me faire dire que je suis allée chez le doc pour rien, que j'ai un peu perdu (et fait perdre) mon temps (et celui du doc), qu'on va me dire que je n'ai pas fait ce qu'il fallait faire, c'est à dire les essais sous sérophène... Mais bon, il faut que je me "mind" à parler avec clarté et conviction des effets secondaires que j'ai eus la dernière fois... J'ai un peu peur qu'on ne me prenne pas au sérieux et qu'on me dise que c'est dans ma tête, je vous avoue!

Voilà! Le reste à suivre demain...

vendredi 19 août 2011

Méga-full-super-extra-poche

Ai eu un pas pire mois d'août, finalement. Ai décroché de bien des choses.
Ai travaillé sur moi. Ai fait le bilan. Ai mis beaucoup d'efforts pour penser à autre chose. Autre chose que la pma, autre chose que les échecs, autre chose que l'injustice de l'infertilité.
Ai fait preuve de bonne foi, ai mis mes énergies ailleurs, ai focusé sur ce que j'ai de beau et de bon, sur d'autres projets.
Me suis trouvée bien bonne.
Me suis même dit que j'acceptais de plus en plus la pocheté de ma situation d'infertile.
Ai été en vacances, ai vu plein d'enfants mignons et de petites familles cutes un peu partout, et ça m'a même pas dérangée.
Ai même réussi à sourire, à simplement les trouver beaux sans arrière pensée, à être presque normale, quoi.
Me suis félicitée.

Ai appris la grossesse de quelqu'un d'assez proche.
Ai été témoin de l'élan d'enthousiasme de tout le monde pour cette belle nouvelle.
Ai été prise dans mes souvenirs, à l'intérieur... la première grossesse, puis la première fausse couche... puis la deuxième...
D'un seul coup tous mes beaux efforts, tout mon beau progrès vers la paix intérieure sont à l'eau.
Ai eu de la misère à fonctionner aujourd'hui. Je porte mes lunettes fumées en tout temps. C'est plus discret.
Retour à la case départ: demain j'ai un souper de famille, ma belle-soeur est enceinte, j'ai peur d'y aller et de me sentir ultra-bord-du-gouffre, à faire semblant toute la soirée.
Sti que j'ai hâte que toutes mes connaissances soient ménopausées, là...

samedi 30 juillet 2011

Muette...?

Ouaip, on peut dire que j'ai été plutôt silencieuse dernièrement...! Je vous ai lues, par contre :)

C'est que j'ai un peu de difficulté à identifier précisément ce que je vis ces temps-ci... Moi qui ai toujours des mots plein les doigts pour décrire ce qui m'arrive et comment je vis mes trucs... Là, disons, c'est un peu le flou.

Ben premièrement, je suis déçue. Commençons par ça. J'avais espoir dans les médecines douces, j'y croyais. J'avais l'impression qu'une intuition me guidait vers ça, et j'étais toute contente de m'écouter, d'avoir un feeling clair à propos de la direction à prendre, moi qui suis toujours si ambivalente. Et bien, à date, les herbes et les teintures, c'est définitivement pas assez puissant pour mes opk à moi. Ça fait deux cycles longs que je me tape, pas ultra longs comme j'en ai déjà eu auparavant, mais plus longs que les cycles que j'ai eu au naturel au cours de la dernière année. C'est dire si c'est décourageant...

J'ai eu une passe d'écoeurantite aigue de tout ce qui ressemble à une privation. Le régime. Le "pas de sucre, pas d'aliments à indice glycémique élevé, pas de farine blanche, pas de ci, pas de ça"... Je n'étais pas si stricte que ça sur le régime, mais avec toutes les teintures à prendre en plus, les tisanes, les décoctions, les mille et un conseils genre "boire de l'eau chaude citronnée à jeun tous les matins, manger des feuilles d'endives avant chaque repas, faire des cataplasmes de chou sur le bas-ventre"... À un moment donné, j'avais l'impression que ma démarche avec l'herboriste + le régime + l'exercice + les restrictions et les autres conseils, c'était une job à temps plein! Alors vous comprenez, quand un truc fastidieux ne fonctionne pas... Pffffff! Par-dessus bord, les régimes et les chichis aux herbes!!

Je n'ai peut-être pas été assez patiente, peut-être que ça aurait pris 2-3 mois encore avant de faire effet, je ne sais pas... et dans un sens, je me trouve un peu impulsive... Mais en même temps, il y a bien des années déjà que je fais preuve de patience.

J'ai donc eu, ce mois-ci, quelques jours de pseudo "défonce" : j'ai mangé des cochonneries, j'ai arrêté le sport, je suis tombée dans le sucre, et maudit que c'était bon!! C'était rien de bien excessif... juste de manger UNE rotie au n-u-t-e-l-l-a me semblait comme du délire...

J'ai réfléchi. Je me suis rendue compte que tout ça, je ne le faisais pas pour moi. Je le faisais "pour que ça marche", pas pour ma santé à moi. Sans égard pour moi, pour ce que les privations me faisaient vivre. Dans ma tête c'était comme si ça allait de soi: tu veux un bébé, et tu apprends que ça pourrait t'aider de faire tout ça? Eh bien, fais-le, et ne chigne point. Si tu trouves ça dur, si ça te pourrit la vie, ça n'a aucune importance. TU n'as aucune importance, autrement dit...

Voilà. Alors là, je ne sais plus trop quoi faire. Je ne sais plus trop ce que je veux. J'ai recommencé à faire un peu attention à ce que je mange, mais pas dans l'espoir que ça me fasse avoir des cycles normaux ou quoi que ce soit. Juste pour moi. Parce que, quand même, ça fait du bien de soigner sa santé, de perdre des livres en trop, de se trouver belle et de se sentir bien.

J'ai rendez-vous à la clinique à la fin août, pour faire le point. Pour voir si un autre truc que le sérophène pourrait être moins pire côté effets secondaires. Pour savoir aussi si ça pourrait être une bonne idée pour moi de prendre la pilule quelques mois et de laisser mes ovaires se reposer... Ça me donnerait un break en même temps, parce que ces deux derniers cycles, ils ont été longs, et difficiles à passer aussi. Menstruations hyper douloureuses, longues, archi abondantes. SPM interminables.

J'ai lu ça souvent, cette histoire, de reprendre la pilule anti-conceptionnelle pour faire reposer les ovaires... Je ne suis pas médecin, mais ça fait du sens, il me semble. Quand j'ai téléphoné à ma clinique pour parler à une infirmière, elle m'a dit qu'elle n'avait jamais entendu parler de ça... Euh... c'est parce que c'est TOI qui travaille dans une clinique de fertilité, là!!! Est-ce que je peux vraiment être plus informée qu'une fille qui fait ça à longueur de journée, ou bien ce que j'ai lu c'est vraiment n'importe quoi? Savez-vous quelque chose sur la question?

J'essaie d'attendre mon rendez-vous pour faire le point. (C'est difficile, vous en conviendrez!) Je n'ai jamais été super chaude à l'idée de l'insémination ou de la fiv... simple lâcheté personnelle, ou peut-être, simple conscience de mes limites: j'en ai déjà assez de tout ça. Je suis tannée, ça me fatigue, ça m'use, j'ai envie de passer à autre chose, je le sens de plus en plus. Il aurait fallu que j'étire moins mes démarches, que j'essaie des inséminations plus tôt dans le processus, que je "clanche" plus rapidement tous mes examens et mes essais... Mais je n'étais pas capable. Je n'arrive pas, moi à me taper plein de cycles médicamentés d'affilée, je trouve ça trop dur, et sur le corps, et sur le moral. Je suis peut-être un peu petite nature, un peu plaignarde, un peu fragile, mais tant pis, c'est ça qui est ça, et il est grand temps que je m'assume. Et voilà, on a pris notre temps, on a pris des breaks, le temps passe et ça use...et là, le moment se rapproche ou on va devoir trancher: soit on persiste encore, soit on arrête, on se dit qu'on a bien essayé, que ce n'est pas grave, et qu'on adoptera dans quelques années, c'est tout. Une partie de moi voudrait bien tout de suite trancher, et me dire "tant pis, allons-y pour l'adoption". Des gens me disent "Mais pourquoi vous n'adoptez pas tout en continuant d'essayer??" (oui oui, bien sûr avec toujours la fameuse arrière-pensée qu'une fois l'adoption réglée, je tomberais inévitablement enceinte, c'est bien connu...)... Mais pour moi ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. C'est un enfer, vivre un cycle naturel avec ces foutus problèmes d'ovaires. Chaque SPM est un cauchemar psychologique, chaque attente m'épuise, chaque menstruation est pénible à souhaits physiquement... et ça fait trop d'année que j'ai l'impression de subir mon corps 4 semaines sur 5, contrairement à quand je prenais la pilule. Ça fait plus de 10 ans que j'ai arrêté la pilule contraceptive, et je me souviens, même au tout début, à chaque mois je me disais que ça n'avait aucun bon sens, que je n'allais pas être capable de vivre ça mois après moi, que j'allais finir par flancher et reprendre la pilule... Surtout que j'avais arrêté de la prendre carrément par idéologie granole du genre "j'veux pas prendre de vilaines pilules..." !

Eh bien voilà! C'est pour ça que pour moi, il ne sera probablement pas question d'adopter tout en laissant aller la nature, au cas ou ça marcherait en miracle... Si on tranche et qu'on décide d'adopter, la pilule, vous pouvez être certaine que je vais la reprendre, et me payer quelques années de menstruations légères et d'humeur égale. Je me le mériterais bien, il me semble!!

Tout ça rend la décision lourde, chargée, importante. On en parle un peu, on ne sait pas trop, on sent qu'on approche du moment ou on va décider vraiment. De mon côté, je me rends compte que le deuil d'un potentiel enfant biologique, et le deuil de la grossesse surtout, ne sont pas si faciles... alors j'hésite. Une journée je me dis que je m'en fous, que rien ne vaut que je me rende la vie pénible à vouloir à tout prix tomber enceinte... qu'on n'a qu'une vie à vivre, et que j'ai déjà bien assez donné dans la volonté, les échecs, les montagnes russes...
Et le lendemain, je ne sais plus, je ne me sens plus prête à abandonner l'idée de vivre enfin cette grossesse, je me dis que je pourrais regretter de ne pas avoir TOUT essayé...
Et puis encore d'un autre côté, je me réponds qu'on n'a jamais tout essayé... il reste toujours un truc de plus, une tentative supplémentaire qu'on peut faire...

Et puis, est-ce que je veux des enfants au point de vouloir tout faire pour en avoir? Je ne sais même pas!!

Vous voyez: j'ai été muette ici depuis quelques semaines, mais on ouvre la porte, et hop! c'est l'interminable charabia qui repart!! ;-)

Pour le moment, je ne sais pas quoi penser, mais je me dis que ça se placera sûrement. A un moment donné, ça me semblera évident. Et puis on va voir ce que la doc va me dire à la fin août... En attendant, je travaille, je chante, je profite un peu de l'été, je me prépare une belle rentrée sur mesure. Mais ça, j'y reviendrai :-)

Voilà. J'en avais pas mal à dire, finalement... !




dimanche 10 juillet 2011

Outrée!!!!

Salut!

(oui oui, je suis de retour!)

(oui oui, j'ai eu de belles vacances, mais pas assez longtemps!! j'y reviendrai!)

Je ne m'en viens pas vous écrire mes récits de vacances, mais simplement faire une petite montée de lait sur quelque chose que je viens d'entendre à la télé, à l'instant...

C-l-e-a-r-b-l-u-e annonce un test d'ovulation numérique dans une pub télé, et ma foi, je rêve: dans la pub ils disent: augmentez vos chances de concevoir NATURELLEMENT. Avec une petite emphase sur le mot naturellement, comme si un test d'ovulation était une alternative aux façons de concevoir "non-naturelles". Comme si on était des nunuches qui se garrochent sur la pma et les façons "non-naturelles" de concevoir, sans même avoir d'abord essayé de concevoir naturellement, sans même avoir pensé "tiens, c'est vrai, je pourrais essayer de repérer mon ovulation!"

Moi j'me lançais dans la fiv, tiens, comme ça, par pur plaisir et impatience d'acheter des suces et des pyjamas roses ou bleus... j'avais pas pensé qu'au lieu de tout ça, je pouvais utiliser un test d'ovulation et augmenter mes chances de concevoir NATURELLEMENT!!

Ah là là... qu'ils aillent tous au diable!!! pfff!!

mercredi 29 juin 2011

Adios

Yé souis enfin en vacances!
Je pars à l'instant pour ma semaine de camping, il fait un temps moche, mais je m'en fous!
Je venais vous souhaiter bonne semaine...

D'habitude je viens vous lire chaque jour... Je lirai tout à mon retour, promis! :-)

xx

mercredi 22 juin 2011

Camping

Ouhhhh, ça sent les vacances, les amies!

J'arrive tout juste du magasin, j'ai trouvé une tente, des tapis de sol, une petite glacière: la semaine prochaine, c'est congé pour de vrai, et on a décidé qu'on partait une semaine en camping en gaspésie :-)

Oui bon, la gaspésie, c'est accessoire: on part sur un nowhere en direction de la gaspésie, mais on verra bien ou notre semaine nous mènera! J'adooooore quand c'est pas trop planifié...

Bien hâte au décrochage total :-)




samedi 11 juin 2011

Euréka - Jour 1

Hier, rendez-vous chez mon herboriste-thérapeute...

Après que je lui ait parlé de mes symptômes de fatigue, de lourdeur, d'irritabilité, de découragement... bref de spm et de congestion de cycle qui ne veut pas commencer, elle a fait quelques changements à mon mélange personnalisé de teintures - infusions - etc.

Mais elle m'a aussi aidée à cibler ce qui semble y avoir plus creux, plus loin derrière ce status quo, cette stagnation physique qui se produit quand je passe tout plein de jours à avoir la sensation que les règles sont presque là, mais que rien ne bouge...

C'est con, c'est tellement con que je me trouve presque niaiseuse de le dire:
Chu pas capable de dire non.

Je m'explique: Comme bien d'autres, je veux plaire, ou plutôt je ne veux pas déplaire, décevoir, blesser les autres... Qui plus est, je suis travailleuse autonome, alors j'ai comme mille fois par semaine des occasions de dire oui ou non, d'accepter un contrat, d'acquiescer à n'importe quelle demande, parce que après tout, "ce s'rait dont le fun de faire ci ou ça"...

Mais voilà le problème: moi je carbure à la spontanéité. Aux journées de vrai congé, quand il n'y a absolument rien de prévu à l'horaire... Pas de lavage, pas de ménage, pas de courses à faire, juste de l'imprévu. C'est là que je me sens bien, c'est là que je me sens vivante, que j'ai l'impression de prendre soin de moi. Je déteste que les activités soient trop planifiées.

Et dernièrement, ben voilà, des journées comme ça, je n'en ai jamais. Ou si peu. Je dis oui à gauche et à droite, sans prendre mon bonheur en considération. Je me retrouve avec un horaire pas si épouvantable que ça, mais pour moi, il l'est, juste parce que tout est toujours prévu, et ça me tue. (oui bon, le mot est grand un peu, mais ça rime :)

Hier, quand j'ai parlé de tout ça avec l'herboriste, c'est drôle, je n'avais pas vraiment l'impression de prendre conscience de quelque chose d'important, de grand , ni de nouveau. Je l'sais bien, que depuis toujours, j'ai de la misère à dire non... comme tant d'autres personnes.


***


Aujourd'hui, c'est samedi.
D'habitude, j'ai mon lundi et mon vendredi de "congé" (comprendre: jours prévus pour faire les courses et faire du travail sur l'ordi à la maison en prévision de mes journées de "vrai" travail, c'est à dire celles avec de vrais rendez-vous...).

Mais la fin de semaine dernière, je n'ai pas eu ni mon vendredi, ni mon samedi, répétitions et spectacle de fin d'année oblige. J'ai donc utilisé mon dimanche pour vaquer aux occupations prévues le vendredi... et lundi, j'ai aussi eu une répétition de fin d'année ajoutée à mon horaire habituel, de même que mardi, et puis hier, vendredi, j'ai aussi eu un truc qui m'a pris ma journée prévue "pour moi". Vous voyez, ça n'arrête pas...

Aujourd'hui, donc, samedi, j'avais une activité de type "loisir" de prévue. C'était prévu depuis longtemps, mais finalement j'ai annulé ma participation... Ben je vous jure, ça m'a pris tout mon petit change, et puis après je me sentais hypercoupable... Pendant un petit moment.

Puis, je me suis détendue... et j'ai accepté de prendre toute la journée juste pour moi, pour me reposer... j'ai fait une longue sieste, écouté une série télé... je fais la patate, comme on dit.

Ben les règles se sont pointées :-)

Le jour ou je me dis "Bon, ça va faire, c'est fini d'être fine pour les autres, astheure je m'occupe de moi en priorité", ça débloque...

Est-ce que j'ai le droit de prendre ça comme un signe que j'ai mis le doigt sur quelque chose?


***

mercredi 8 juin 2011

Cycle de Schnoutte

Ben voilà. J'ai trouvé des tests de grossesse au dollarama, j'avais lu à propos de ces tests sur des forums, ou peut-être sur vos blogues...

Vous vous doutez bien que mon post ne s'intitulerait pas "Cycle de Schnoutte" si le résultat avait été positif...

Conclusion: à J-37, avec un genre de spm qui dure depuis déjà depuis une bonne semaine, si ce n'est plus, je pense que j'ai le droit de déclarer que ce cycle, c'est d'la m****.

J'ai le caquet bas, comme on dit. Bah, je m'attendais pas vraiment à ce que ce soit positif... c'est pas vraiment ça qui me nivelle le moral vers le bas. C'est plus que j'avais comme oublié à quoi ça ressemblait, un cycle long. Ça faisait longtemps que je n'en avais pas eu, je m'en rends compte maintenant. J'avais oublié que c'était si dur... de se sentir mal jour après jour, d'attendre, de vivre chaque jour l'échec du "traitement". Je sais pas pourquoi, mais j'avais vraiment l'impression que les teintures que je prends me donneraient déjà des cycles qui ont de l'allure. En plus j'ai fait full de sport ce mois-ci, pffff... Je pensais que j'avais fait suffisamment d'efforts. Ben non, ça a l'air que non.

Le pire dans tout ça, c'est que évidemment, tout ça me pète dans la figure en plein au moment ou je me sens le plus mal: pas le choix, spm oblige. Spm qui s'éternise, durant lequel je me sens inévitablement folle à lier, désagréable, en colère, braillarde, grosse, moche, conne, inintéressante à tous les points de vue. Un échec sur deux pattes. Je vous dis, je ne me supporte pas du tout dans ce temps-là, et je fais des efforts surhumains pour sortir de ma caverne et vaquer à mes occupations. Parce que je vous dit, je passerais volontiers mes journées chez-moi avec un sac de papier sur la tête. A pleurer pour rien.

Vendredi, j'aurai mon 2e rendez-vous avec mon herboriste. Je compte bien lui parler de ce problème. Et du fait que je me suis retrouvée avec un cycle long ce coup-ci. Bien hâte de voir ce qu'elle va pouvoir me dire... c'est con, je me demande si j'ai bien fait de quitter les médicaments "traditionnels". Je sais pourtant bien que la médecine douce ne peut pas nécessairement fonctionner comme ça, rapidement, du premier coup, et je me trouve bien impatiente, mais c'est pourtant ça que j'aurais voulu. Que ça marche, tout de suite. Que j'aie au moins un beau cycle court pour me valider dans ma décision.

Là, voilà, je suis confrontée au fait que j'ai pris cette décision en premier lieu pour mon bien être à moi, parce que je paniquais à l'idée que les médicaments traditionnels me scrappent ma santé et mon bien-être... Je pensais que l'efficacité de la chose était rendue presque secondaire pour moi. Je pensais que j'avais un peu abandonné l'idée de "tout faire pour avoir un bébé".

Mais là, ostie (j'm'en permets un... maudit ça fait du bien!), c'est le printemps, ma belle-soeur est enceinte, y'a des poussettes partout, j'aurais tellement aimé profiter de mes vacances pour avoir une bedaine et vivre un petit moment de grâce, pour une fois... et me voilà revenue à la case départ. Cet été, la seule bedaine que je vais avoir, c'est celle que j'ai parce que j'suis un brin toutoune en maillot...

Ça fait 4 ans et 5 mois que ça dure.
Est-ce qu'on s'en sort un jour???

***

Petit point positif dans tout ça: au moins, j'ai trouvé ces foutus tests au magasin du dollar... Ne riez pas!! Ça semble con, mais pour moi, je sens que ça va faire une différence. Je vais me permettre d'en utiliser tant que je veux sans me priver, et qui sait, lors de d'autres cycles long, je n'attendrai sûrement pas jusqu'au jour 37 pour me faire une raison...

mardi 7 juin 2011

Rien à voir

Je me suis acheté ma nouvelle guitare :-))

Mon année d'enseignement tire à sa fin, j'ai déjà terminé quelques-unes de mes activités, et je passe progressivement, comme la télé, à l'horaire d'été... Ça fait du bien!

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes (ou presque), dernièrement.
Mais.

Mais: j'ai comme une sensibilité exagérée aux menus détails qui est revenue, j'sais pas pourquoi.

Je change de caisse au supermarché quand une femme enceinte attend devant moi en se flattant un peu trop la bedaine.
Je me sens un peu trop seule dans mon coin quand d'autres parlent d'enfants et de maternité.
Je déteste que les gens soient surpris de me voir me priver d'un bonbon ou d'une sucrerie, parce que j'ai pas envie d'expliquer que mes ovaires sont allergiques au sucre.
C'est le printemps, y'a des poussettes partout, et même si je ne les ai jamais regardé réellement avec sérénité, ben... il me semble que dernièrement, j'avais réussi à passer un peu à autre chose. A arrêter de m'en faire. A me faire croire que ça ne me faisais rien.

Tout ce qui a trait de près ou de loin aux bébés, aux enfants, à la grossesse, aux mères, à la famille en général, au supposé "miracle de la vie", me donne des boutons. Me heurte malgré moi...

Ça ne doit pas avoir rapport avec le fait que je suis au jour 36 , ni avec le fait que je m'attendais à un cycle de genre 28 jours... ni avec le fait que finalement, ce cycle-ci, je pensais avoir ovulé en fin de compte... Ça n'a rien à voir non plus avec le fait que depuis genre 10 jours, je me dis que ça pourrait avoir marché naturellement ce mois-ci, que peut-être les plantes auront fait un miracle pour moi...

Rien à voir avec l'impression que j'ai d'être en spm depuis plus d'une semaine...
Maudit!

Pas osé faire de test jusqu'à présent. Ai trop souvent eu des cycles de 60 jours pour oser croire à quoi que ce soit avant 6 mois sans règles, je pense. Et puis j'ai zéro, mais alors là zéro symptôme... mais évidemment, je ne peux m'empêcher de me dire "et si?" quand même...