jeudi 15 mars 2012

La pilule

Depuis le 23 janvier, j'attendais mes règles.
...
Tadam! Enfin, elles ont débarqué cette nuit. Je dis enfin, pour deux raisons: la première c'est que dans l'attente, avec l'incertitude, les maux de ventre, j'ai une irrationnelle peur de crever. Tous les "tout d'un coup" sont permis: tout d'un coup qu'il y a un problème avec ma trompe, tout d'un coup que mes maux de ventre ne sont pas des crampes de regles qui arrivent, mais autre chose, tout d'un coup que la cicatrice se rouvre a l'intérieur et se remet à saigner, tout d'un coup que j'ai une surprise miraculeuse dans le ventre sans le savoir et que je refais une geu...

Donc la, voila, j'ai mes règles, je peux avoir l'esprit tranquille!

La deuxième raison, c'est que... J'attendais qu'elles arrivent pour pouvoir recommencer à prendre la pilule. Oui oui, la pilule, l'anti-conceptionnelle, l'anti-bebe, celle qu'on prend quand on n'en veut pas. C'est une décision qui s'est un peu imposée à moi. Je suis incapable de me voir enceinte sans m'imaginer tous les pires possibles, trop habituée à ce que le pire se produise... Donc la pilule, ce sera peut-être juste pour quelques mois, ou peut-être pour plein d'années, pour tout le temps... J'en sais rien. Mais j'ai besoin d'avoir l'esprit tranquille et les ovaires au repos.

Je quitte donc le monde de la pma pour un bout de temps.
Ca va me faire drole. Ca va me faire du bien!

Mon envie d'avoir une famille, elle est ailleurs en ce moment. Un peu au viet-nam, et un peu a Haiti. Je vous en reparlerai;)

*****

Demain j'aurai 35 ans....!!!


vendredi 9 mars 2012

Post-trauma

Ça fait quoi... Un peu plus de trois mois. La GEU...

C'est fou comme au début, j'ai été bien concentrée sur ma convalescence physique. Je suis retournée assez rapidement à mes activités habituelles, et pourtant je commence juste à me sentir de retour à la "vraie" normale. Disons, au-delà de simplement être capable de me tenir debout!

Et dernièrement, depuis plusieurs semaines en fait, j'ai recommencé a voir ma psy. En fait je vis bizarrement ce "retour à la normale" de ma condition physique. Je me suis mise à avoir des réminiscences de mon hospitalisation... Pas exactement des flashbacks comme dans les films, mais quand même, des souvenirs qui me reviennent, qui peuvent être déclenchés par tout et rien, et dans lesquels il y a des souvenirs de faits et de détails (genre le visage d'une infirmière, lese bruits dans l'urgence, des paroles qu'on m'a dites...) , mais en prime aussi, des souvenirs de sensations... La difficulté à respirer parce que l'abdomen est rempli du sang de l'hémorragie. La sensation de la sonde qu'on m'enlève. Lees larmes que j'ai envie de pleurer, la nuit, seule à l'hôpital, mais que je retiens parce que le simple fait d'avoir la boule dans la gorge me fait mal partout et me fait paniquer.

Bref, autrement dit, le corps est remis, et là, ce sera au tour du reste de guérir... J'ai comme un deuil à faire, qui traîne, et ça m'énerve que ça ne se voie pas.

Je me sens hyper intolérante face aux gens qui visiblement ignorent ce que j'ai vécu. Je ressens le besoin un peu lourd de parler constamment de la gravité de ce qui m'est arrivé, comme s'il fallait que je prouve que ça n'est pas rien. Moi j'ai besoin de me faire dire que c'était bien réel, grave pour de vrai... D'ailleurs j'ai lu plein de trucs sur l'état de choc hémorragique, des articles médicaux expliquant ce qui se passe à ce moment là: tachycardie, baisse drastique de la tension artérielle, déshydratation intense, paleur extrême et bleuissement des lèvres, respiration difficile, les organes vitaux qui manquent d'oxygène... C'est bizarre ce que ça me fait de lire ça: j'y reconnais ce qui m'est arrivé et ce que les docs m'ont dit, c'est un peu pénible de revisiter ces souvenirs, mais en même temps j'en ai besoin, et dans ma tête ça fait "Aha! Je savais que c'était vrai, que je n'exagérais pas, que je n'ai pas inventé ça, que je ne fais pas bêtement la victime qui s'invente des bobos!! "

Et puis aussi, je suis plutôt imperméable aux malheurs des autres en ce moment. D'habitude, je suis plutôt empathique, mais là... À part pour mes amies proches, quand quelqu'un se met à se plaindre qu'il a la gastro, je sais, c'est con et puéril, mais j'ai toujours bêtement envie de faire une compétition de blessures et de dire "euh, ben moi j'ai failli mourir pour de vrai, alors ta gastro, pffff!!"

(oui bon, et j'ai un peu honte d'avouer, mais j'imagine qu'il faut que ça sorte...)

Ma psy m'a dit que c'est du stress post-traumatique... Paraît que c'est normal que ça sorte comme ca, quelque mois après coup.

Et moi, bien... Je trouve que ça fait du sens. Bien sûr, il y a des degrés divers dans tout ça, et de mon côté, c'est quand même léger: je n'ai quand même pas des flashbacks qui m'empêchent de fonctionner ou qui me paralysent...mais bon. Ça fait quand même du bien d'avoir un vrai terme officiel sur ce que vis ces jours-ci, avec quelqu'un qui m'assure que c'est normal.

*****

Vécu dernièrement: dans un spa, je remplis l'habituel bilan de santé, et j'inscris ma grossesse ectopique dans la case "chirurgie". La personne arrive, me reçoit, lit mon bilan et dit : " grossesse ectopique..." Voyant qu'elle n'a pas l'air de savoir ce que c'est, j'explique un peu, chose que je trouve toujours un peu pénible "bla bla, trompe éclatée, hémorragie interne, opération en catastrophe" . Et elle me demande:

"Mais... Est-ce que tes genoux sont corrects?"

Euh...
Bah oui, eux ils sont corrects!!

lundi 13 février 2012

Ça germe

Meuuuuh non, c'est pas moi qui germe! C'est plutot ça:




Je me suis procuré un machin à 3 étages pour faire germer ma luzerne et des pousses de toutes sortes... C'est trop joli! Et c'est du bon miam miam en plus :-)

Moi qui n'ai pas tellement le pouce vert, ou plutôt disons que mon talent est limité de ce côté, ben... C'est chouette de voir ça pousser, facilement.

Je me fais peut-être des histoires, mais on dirait que ça conjure le sort un peu... !
(on se fait sa thérapie comme on peut :-)

mardi 17 janvier 2012

... un livre...?

Dernièrement, il y a une idée qui me trotte par la tête.

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Les quelques fois où j'ai osé chercher des livres sur l'infertilité, les fausses couches, les ovaires polykystiques, etc, soit dans les bibliothèques ou dans les librairies, j'ai été tellement, mais tellement déçue...

À ma bibliothèque municipale, par exemple, un seul "guide de l'infertile", du genre: "Voilà, maintenant que vous voyez bien que ça ne marche pas, vous allez devoir consulter un médecin qui vous fera passer des tests..." Duh!

A la librairie: de tout, sauf de ça. À en juger par le contenu des rayons, comme société on en sait sur les problèmes de tout le monde, sauf sur celui-là. On a à lire sur l'alcoolisme, sur les itinérants, sur le jeu compulsif, sur le divorce, sur le cancer; on trouve des épanchements sur le vécu de ceux qui perdent leur emploi et se retrouve sur le chômage, qui vivent des difficultés relationnelles, qui souffrent d'une maladie mentale, chronique, d'un hadicap; on connaît tout du vécu des homosexuels-transexuels-transgenres-fétichistes; on a des livres sur "Quoi faire? Mon enfant ne veut pas dormir!!/manger!!/être poli!!/faire ses devoirs de mathématiques!!"...

Tout ça, c'est bien. Tant mieux si tous ces gens ont vu leur expérience reconnue, écrite, analysée, publiée quelque part comme une vraie-réalité-qui-existe-pour-de-vrai...

Mais sur l'infertilité, on ne trouve que très peu, pour ne pas dire "rien", et devant le rayon, on se sent bien seul(e)... Je ne sais pas ailleurs, mais ici, quand on entend parler d'infertilité dans les médias, on se rend compte que les gens n'y connaissent rien et mélangent tout. Pour beaucoup, infertilité égale stérilité, égale fécondation in vitro. La plupart des gens ne connaissent pas la différence entre un traitement inducteur de l'ovulation, une insémination artificielle, et une fécondation in vitro, et je ne saurais le leur reprocher: quand ça ne nous concerne pas, tout ça n'est qu'une vague masse de médecine douteuse de laquelle il résulte généralement des triplés ou quelque chose du genre...

Du coup, ben.. le vécu!! vous n'y pensez pas!!! on n'est comme pas rendus à ce stade d'information!! Quand on entend parler d'infertilité, ou quand on trouve un livre ou un fascicule de base sur la question, c'est pour renseigner sur les éléments de base. C'est pour dire que l'infertilité, ce n'est pas la stérilité, et pour nous apprendre, oh surprise, qu'elle peut être masculine ou féminine (j'exagère à peine...)

***

Alors voici: depuis un moment, je songe à regrouper des témoignages, et à réunir le tout en un livre... Voilà, juste ça: pas d'analyses, de théories, de "c'est-la-faute-de-l'âge/des-pesticides/des hormones-dans-le-poulet", pas de manuel sur le fonctionnement du système reproducteur, pas de théories de psychologues sur le désir-d'enfant-possiblement-pas-totalement-assumé, rien de ça. Juste des témoignages sur les divers aspects de ce que l'infertilité peut nous faire vivre, juste un peu de tout, pour qu'un peu toutes les lectrices (et les lecteurs... et leurs entourages aussi) puissent se reconnaître, comprendre mieux, admettre que ça existe et que ça a un impact réel sur la vie de tous les jours.

Aussi juste pour que moi, je puisse un brin transformer mon expérience en positif, en constructif, et vous aussi si vous embarquez... et pour que les autres puissent trouver sur les rayons des librairies un peu de réconfort et se dire "ben voilà, au moins je ne suis pas toute seule, et je suis normale..."

Ce que nous faisons en nous lisant les unes les autres en virtuel, quoi...

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Alors, vous en dites quoi?
Je sors mon québécois et vous demande officiellement: Ça vous intéresse-tu d'y participer??

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En gros: je récolterais les témoignages de qui veut bien, je ferais le tri, vous poserais peut-être quelques questions pour avoir des témoignages sur un peu tous les aspects, et je sais pas la suite... Trouver un éditeur? Faire ça indépendamment? Distribuer le tout gratuitement dans des cliniques pma et des cliniques tout court? J'en sais rien, j'improvise... et je suis ouverte aux idées. Ça mijote encore, là-dedans :)

dimanche 4 décembre 2011

Plus comme avant

Merci, les amis et amies, d'être venus lire ma péripétie :)
Et à ma "clone des coups durs" : j'espère que je t'ai pas trop fait pleurer, quand même! ;)

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Et ben voilà, me voici déjà pour quelques nouvelles. Je suis maintenant revenue à la maison depuis 12 jours, et je dirais que je suis pas mal revenue à la normale, physiquement. Je me lève facilement, même si j'ai tendance à encore faire attention pour ne pas me lever trop vite. Depuis hier, je me trouve plutôt normale même quand je monte les escaliers. J'ai conduit ma voiture aussi. Je ne courrais pas le marathon demain, disons, mais pour les trucs du quotidien, ça va.

Il y a 2-3 jours, par contre, j'ai eu un petit truc qui m'a inquiétée: en plein magasin (je voulais me tester et voir si j'étais capable d'aller faire des courses... Oui bon et j'avais aussi chanté tout l'après-midi pour voir si je serai capable bientôt de reprendre ma place avec mon trio vocal), bref, en plein magasin, j'ai eu des palpitations. Qui m'ont fait sursauté... Sur le coup ça m'a hyper inquiétée, et je me suis assise pour prendre de grands respirs...

Ça ne me l'a pas refait depuis, mais comme je vois (enfin) la doc ce mardi, donc dans deux jours, je vais lui en parler. J'ai toujours eu une tendance fatiguante aux palpitations, je dis "palpitations" mais ce n'est peut-être même pas le bon terme, et comme je n'en ai jamais parlé à aucun médecin, quand ça arrive je trouve toujours ça bien énervant...et donc je me stresse...et j'imagine que je palpite encore plus parce que je m'énerve ;)

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Oui bon, lâchons les détails mécaniques un peu...

C'est bête, mais depuis que je suis revenue de l'hôpital, je me sens...

Hyper chanceuse. Pour vrai!

Probablement la faute à "j'ai failli crever" , mais je me trouve chanceuse. Juste d'être ici, au Québec. De vivre dans la maison dans laquelle je vis. D'avoir les parents que j'ai. D'avoir la famille que j'ai, d'avoir le chum que j'ai. De faire le travail que j'ai, qui m'énerve par moments, mais qui m'offre tant de liberté et de possibilités de me réinventer comme je veux. D'avoir les amis et amies que j'ai, ça c'est une énoooooorme chance..:) D'avoir le luxe de choisir ce que je veux vivre dans ma vie, de ne pas être prise avec des difficultés simplement pour survivre... D'avoir la relation que j'ai avec mon amoureux.
D'avoir la sensation que j'aurais pu y passer, et de prendre conscience de la chance que j'ai. Ça, c'en est une en soi, une chance.

Depuis ça, on diraiti que j'apprécie tout mieux. Que je suis un peu plus présente. Que je m'écoute mieux, et plus facilement. Que tout est plus clair et plus simple dans ma tête.
C'est con, mais je ne pensais jamais avoir quasiment envie de dire "merci ma geu"...
(j'ai dit quasiment, hein! QUASIMENT!!!)

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Du coup, avoir des enfants ou pas, on dirait que ce n'est plus si grave.
Du coup aussi, pour le moment on dirait que tout autour de nous parle d'adoption... On ouvre la radio et ça parle d'adoption; on ouvre la télé et v'là une pub pour une émission sur l'adoption... Pour le moment disons qu'on garde les yeux ouverts... On écoute, on regarde, on lit, on en parle un
peu. On verra.

Moi je pense que je serais prête à essayer une dernière fois, mais en même temps, en ce moment, ce serait plus pour satisfaire mon envie d'aller jusqu'au bout pour ne pas avoir de remords plus tard, que pour l'envie du bébé naturel lui-même. Le bébé naturel, en ce moment, ça va vous paraitre drôle, et peut-être que ça ne se dit pas trop, mais .... En ce moment, je ne le vois pas. Je n'arrive plus à le visualiser comme durant le court moment de ma grossesse, comme si ça pouvait être vrai. Je n'en vois pas l'utilité ou le besoin, non plus. Pour le moment, hein... Ça me semble juste comme un concept étrange et flou. Il n'existe pas, il est plus qu'hypothétique, et on dirait que pour l'instant, il ne cadre pas avec mon nouveau moi qui apprécie les petites choses qui sont là, elles. Comme si j'avais plus envie de me consacrer au réel qu'à l'hypothétique...

(oui bon, vous le savez, ça pourrait changer. Chaque chose en son temps...)


dimanche 27 novembre 2011

Trois lettres.

G.E.U...

Sans blague...? Sans blague... Je vous jure. Meme si je n'y crois pas encore tout a fait moi-meme.

La derniere fois que je suis venue ecrire, je venais d'avoir ma prescription de femara. Au debut octobre, ca y etait, on commencait ce traitement, qui ma foi, a marché a merveille. Enfin...presque.

Durant le traitement, tout a été comme sur des roulettes. Pas d'effet secondaire. Un bon timing, il nous semblait, pour que cette fois-ci, ca fonctionne. Une ovulation facile a détecter. Des essais faciles a planifier. On était confiants, enthousiastes, on était dedans, comme on dit, pas blasés, fatigués et défaitistes comme a d'autre moments auparavant.

L'attente du résultat s'est bien passée. J'ai même réussi à attendre 3-4 jours de plus que nécessaire avant de faire le test, juste parce que ça adonnait mieux comme ça, juste parce que j'avais envie d'apprendre le résultat un matin de jour de congé... C'est dire, c'était bien ma meilleure performance à vie en termes de patience!

Le matin du lundi 7 novembre, donc, j'ai fait un test de grossesse, et j'ai découvert sans grande surprise la deuxième petite ligne sur le bâtonnet: c'était positif, et on dirait que je le savais. Je n'avais pas de grands symptômes, mais quelques-uns quand meme, et puis j'avais bien 3-4 jours de retard...

Sur le coup, on a tellement été heureux, soulagés, presque pas surpris. C'était notre tour, on était dus, le timing était parfait, la vie nous devait bien ça après ces 5 années!

On s'est emballés, en essayant d'etre prudents un peu quand même, mais on s'est emballés. On a pensé a la naissance, aux noms, aux trucs à préparer, à la maison qu'on prévoit acheter. À la famille qui allait être contente que ca fonctionne enfin pour de vrai. À mon ventre qui allait enfin fonctionner, s'arrondir, et nous donner un beau bébé qui nous ressemblerait. Au fait que si mes fausses couches ont été dues a de mauvaises ovulations, cette fois-ci, on aurait toutes les chances de notre côté pour que l'embryon tienne et se développe comme il faut, grâce au femara. On s'est réjouis, aussi, que le femara ait fonctionné du premier coup, on s'est soudainement sentis extrêmement chanceux...

Chaque jour je faisais attention a moi... Je m'etais meme organisee pour alléger mon horaire, et j'essayais de ne pas trop m'énerver par crainte de la fausse couche. J'y réussissais pas trop mal, et je n'avais aucun saignement, donc j'étais rassurée.

J'avais une échographie prévue chez ovo pour le 23 novembre, une écho de viabilité, et j'attendais le résultat de cette écho avant de l'annoncer à mes parents. J'avais envie que ce soit une "vraie" bonne nouvelle, pour une fois.

Samedi soir le 19 novembre, j'ai commencé a avoir de légères douleurs a l'aine, comme une lourdeur. Pas de saignement. J'ai pensé que ce devait etre normal... Des douleurs de ligaments , ou quelque chose du genre. Rien d'inquiétant, quoi.

Le dimanche matin, je remarque que la douleur est un peu plus prononcée, et que ca irradie dans mes cuisses, et la, je commence à trouver ca bizarre, et à googler mes symptômes et mes questions. Je n'ai pas eu le temps de trouver grand chose, que paf!, une intense douleur m'assaillait, comme un gros coup d'éclair dans tout mon ventre. Une douleur intense, mais brève, parce que je me suis allongée aussitôt, et couchée, ça allait un peu mieux.

Inquiète, j'ai annulé mes activités de l'après-midi pour me reposer, en souhaitant que ça se tasse. Au fur et à mesure que la journée avançait, je me sentais de plus en plus faible, et chaque fois que je me levais debout ou simplement assise, la douleur revenait, toujours plus intense...

En début de soirée j'ai téléphoné à info-santé, et on m'a dit d'aller à l'urgence, question d'en avoir le coeur net. Toujours aucun saignement, pourtant...

Le trajet jusqu'à l'hôpital fut atroce. C'est mon chum qui m'y a conduite. J'étais tellement faible et pâle juste d'être assise, et la douleur, qui continuait de s'intensifier, s'accentuait avec chaque soubresaut de la voiture, tellement que ça me faisait vomir, et puis les spasmes de vomissement me faisait me cogner le front sur le coffre à gants... :-S

Heureusement, arrivés à l'urgence, ça a été assez rapide, une chance parce que je commençais vraiment à avoir l'impression de perdre la carte. La douleur montait plus haut dans mon ventre et je me sentais toute gonflée, comme si j'allais exploser.

On m'a rapidement mise sur une civière et sous surveillance, on a pris ma pression qui était très basse, au point que l'infirmière croyait que c'était la machine qui ne fonctionnait pas bien. Un premier médecin m'a vue, un généraliste fort sympathique qui m'a fait passer une échographie, à la recherche de liquide éparpillé dans mon ventre. À ce moment-là, le doc hésitait entre une grossesse ectopique ou une crise d'appendicite. Se disant pas vraiment expert pour manier la machine à échographie, il m'a fait donner de la morphine en intra-veineuse pour calmer les douleurs, le temps qu'une autre doc vienne me voir et trouve le bobo.

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La morphine, c'est splendide comme sensation... Il m'a semblé sur le coup que j'étais complètement crispée depuis des heures, et que je pouvais enfin me détendre... Voyant que je passerais la nuit à l'hôpital et que j'étais maintenant soulagée, mon chum est retourné à la maison pour essayer de dormir quelques heures.

Après un moment, par contre, les douleurs sont revenues, alors j'ai appelé l'infirmière, qui m'a dit que la dose que j'avais reçue était sensée me soulager pendant 3heures... Et là, on n'était que 45 minutes plus tard...
Elle a tout de même obtenu du médecin l'autorisation de m'administrer une seconde dose. Qui ne faisait plus effet 50 minjtes plus tard, elle non plus.

Quand j'ai redemandé une autre dose, c'est une nouvelle infirmière qui est venue me voir. C'est qu'on était rendus la nuit... Elle m'a répondu gentiment, mais tout de même avec un ton qui voulait dire "ben là, il va falloir que tu attendes, on peut pas te donner de la morphine aux 45 minutes, quand même"... Et là, à ce moment-là, franchement, j'ai eu peur. Je me suis dit que s'ils ne prenaient pas ma douleur au sérieux, je risquais d'y passer. S'ils ne comprenaient pas l'anormalité de mes douleurs MALGRÉ la morphine, vraiment, j'étais mal foutue.

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À un moment donné, la machine qui prenait mes signes vitaux s'est mise à donner "le signal d'alarme". Les infirmières venaient voir ma pression et mon rythme cardiaque, et me donnaient la main en me disant que ça irait, puis elles s'éloignaient et se disaient entre elles "il faut que la doc arrive, elle tachycarde et ses signes vitaux ne vont vraiment pas bien...". La douleur avait tellement monté et gagné en intensité que j'avais du mal à faire le moindre mouvement, même respirer était difficile.

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Une doc est arrivée en me disant qu'elle était gynécologue obstétricienne et chirurgienne, et qu'elle allait pouvoir me sortir de là (alleluïa!) . Elle m'a fait passer une seconde échographie, et sans pouvoir dire s'il s'agissait d'une grossesse ectopique ou d'une crise d'appendicite, elle a vu du liquide à l'intérieur et m'a tout de suite dit "je vais devoir t'opérer pour trouver ce que c'est et arranger ça. Je vais te faire ça par laparoscopie, donc tu ne devrais pas avoir de grosse cicatrice en te réveillant..."

Tout de suite les infirmières m'ont préparée pour être emmenée en salle d'op. On m'a retiré mes vêtements et ma bague, et j'étais contente que ça roule, enfin ma douleur était une "vraie" urgence, et puis j'avais trop mal pour craindre l'anesthésie générale. Et il faut dire aussi, la doc m'inspirait vraiment confiance.

Le plus difficile fut de me faire transférer sur la civière, de me faire conduire a la salle d'op, de voir passer tous ces néons au plafond qui me donnaient le tournis, de savoir que mon chum était en chemin mais qu'il ne serait pas là à temps pour que je le voie avant l'opération. De me refaire transférer sur la table d'opération, d'en vomir de douleur, d'écrabouiller la main de l'infirmière assez gentille pour me donner la main, tellement je la lui serrais fort...

On m'a mis un masque dans le visage en me disant "allez, respire bien, ce n'est que de l'oxygène, ce n'est pas ce masque là qui va t'endormir..." J'ai respiré à fond, et je me suis endormie si vite que j'ai manqué la fin de la phrase :)

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Au réveil, tout tournait, mais ça m'importait peu, je souriais bêtement en répétant "wow, merci, je n'ai plus mal...". Mon amoureux, qui m'a vue à ce moment-là et qui jusque là avait espéré que ce ne soit qu'une crise d'appendicite et qu'on ne perde pas le "bébé", mon amoureux, donc, m'a vue, blanche, cadavérique, avec les lèvres mauves... et s'est dit, à ce moment-là, que ce qui était important, c'était que je sois en vie.

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C'était donc une grossesse ectopique. L'embryon s'était installé dans ma trompe gauche, et pour une fois il semblait se développer comme il faut... Si bien que la trompe a éclaté, et a provoqué une grave hémorragie interne. On m'a retiré plus de un litre de sang de l'abdomen, voilà pourquoi je me sentais comme si j'allais exploser, voilà pourquoi la douleur montait, aussi.

Chanceuse dans ma malchance: apparemment, ma trompe avait "bien" fendu, de sorte que la doc ne me l'a pas enlevée. Elle devrait se cicatriser et être fonctionnelle à nouveau d'ici quelques mois.
La doc m'a aussi dit qu'elle n'avait pas vu de raison apparente pour cette erreur de la nature... Habituellement, des trompes un peu trop tortueuses peuvent favoriser ce genre de problème, mais ce n'est pas mon cas. Elle m'a dit que mes trompes étaient très belles, droites, que mon utérus avait l'air tout a fait normal, que mes ovaires n'avaient même pas l'air d'être polykystiques. En d'autres termes, c'est vraiment la faute à pas de chance...

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Après ça, il faut se remettre. Physiquement, je parle, en premier du moins. Après avoir perdu autant de sang, c'est l'anémie: faiblesse, étourdissements, bourdonnements dans les oreilles, incapacité de me lever toute seule, impression d'évanouissement au moindre mouvement trop brusque. On m'a proposé une transfusion sanguine pour accélérer la convalescence, et quand la doc m'a dit que ça me permettrait de rentrer chez-moi le soir même, j'ai accepté sans trop hésiter.
Je dis "sans trop hésiter", parce que j'ai hésité un peu, tout de même... Tsé, quand après cinq ans d'essais, 2 fausses couches, un diagnostic d'infertilité qui te met dans un groupe minoritaire de la population, un traitement qui marche enfin mais qui vire en grossesse extra-utérine (2 pourcent des grossesses, bordel!! 2 pourcent !!), et qu'on te dit qu'il y a quand même des risques minimes inhérents à toute transfusion sanguine (quelque chose comme une chance sur 250 000 d'attraper le vih ou une hépatite), tu te dis "pourquoi ça ne m'étonnerait pas que ça tombe aussi sur moi..."
Bref, j'y ai pensé quand même un peu... Puis l'envie de rentrer à la maison rapidement a pris le dessus.

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Là, je suis a la maison depuis 8 jours. Au début, tout était difficile, mon coeur et ma respiration s'emballent encore au moindre effort. Mais j'ai fait des progrès, et dans à peu près une semaine je devrais être redevenue à peu près normale dans mes capacités physique. Capable de fonctionner et de retourner tranquillement à mes activités.

Je revois la doc qui m'a opérée le 6 décembre, pour un suivi. J'ai hâte, parce que j'ai des tonnes de questions à lui poser. Ça va m'aider à me positionner pour la suite. Tout juste après l'opération, je me disais que c'était fini pour moi, les essais. Que je serais terrorisée à l'idée de retomber enceinte, que je pouvais peut-être vivre avec la crainte de faire des fausses couches à répétition, mais pas avec la crainte de mourir. Déjà je me trouve plus "phobique" qu'avant... J'ai peur de l'urgence pas prise à temps, j'ai peur d'être seule, j'ai peur de chaque sensation dans mon ventre, peur que ça recommence. C'est un peu débile, mais des fois j'ai peur que ça ait été véritablement mon heure, et qu'un incident revienne corriger le fait que j'aie été sauvée in extrémis par erreur... C'est un peu débile, je vous l'avais dit.

Pour la suite, je sais pas trop trop... Toutes les options pèsent égal dans la balance, on dirait. Je songe à l'adoption, mais je ne suis pas sûre; je songe à recommencer, en me disant que la chance n'aura pas le choix de se pointer un jour, mais je ne suis pas certaine; je songe à planifier une vie sans enfants et faire une croix là-dessus, mais je ne sais pas trop non plus....

Ça va prendre du temps...

Voilà, c'était un long et lourd article, mais j'avais besoin de ça, de le raconter comme c'est, tout d'un trait. Je voulais aussi vous dire que... je vous aime, bon. Merci de venir simplement me lire, de commenter ou pas, de vous livrer vous-memes dans vos messges et sur vos blogs respectifs. Non mais, ça aurait-tu été bête que je parte comme ça, sur une malchance, sans vous donner de nouvelles...

A bientot, pour des nouvelles de gros progrès, je l'espère :)

jeudi 1 septembre 2011

Femara

Eh bien, ce fut tout simple, tout gentil, tout facile.

La doc ne m'a pas traitée de folle, apparemment certains docs connaissent les effets secondaires cardio-vasculaires dont j'ai souffert (contrairement à l'infirmière sur laquelle j'étais tombée au téléphone et qui sans le vouloir m'avait un peu fait sentir comme une débile!).

Tout sourire, elle m'a simplement dit qu'il y avait le femara comme alternative, que c'était un tout autre produit que le clomid et le sérophène, qui quant à eux sont des dérivés... bref la même affaire mais avec des noms différents. Pour le femara, je ne connais pas les détails, mais apparemment que c'est un produit tout à fait différent, qui agit sur ... j'sais pas quoi au juste, mais pas sur la même chose que ce sur quoi le sérophène agit.

(Avouez que j'vous en apprends là! lol)

Alors voilà, me voici avec un beau nouveau 6 mois d'espoirs devant moi, avec la presque promesse de ne plus avoir ces effets secondaires désastreux: apparemment que les effets secondaires du femara sont moindres, et ne sont pas du même ordre (pas vraiment de risque d'effet cardio-vasculaire).

Que dire... Yé!!! :-)))

Je suis vraiment contente, et tout d'un coup, il me semble qu'y croire, c'est permis ;-)